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Climat : nous avons peu de temps pour agir !

2000 personnes se sont réunies samedi après-midi 13 octobre au miroir d’eau, devant le Château des Ducs de Bretagne. Au moins autant que le 8 septembre, jour premier de cette mobilisation pour le climat. Principal mot d’ordre de ce rassemblement : « les petits pas ça suffit pas ! ».

A ce rassemblement, les militantes et militants d’Ensemble! ont diffusé le texte/tract ci-dessous.

 » Tout doit être mis en œuvre pour que la limite de 1,5 °C maximum soit respectée.

Les rapports des scientifiques alarmants. Nous disposons de peu d’années pour empêcher le pire. Et pour modifier l’urbanisme et les modes de vie afin de protéger les populations. Pourtant, les gouvernants se refusent à agir vraiment. Devant une telle menace sur le monde entier, quelles sont les raisons de cet immobilisme criminel, des réponses violentes apportées aux luttes écologiques ? Naïveté, impuissance face au système qui agit comme un rouleau compresseur ?

Sans surprise, le rapport spécial du GIEC sur le réchauffement de 1,5 °C maximum confirme que les impacts du changement climatique anthropique sont redoutables et ont été sous-estimés, tant sur le plan social que sur le plan environnemental.

Les populations, gravement touchées, mesurent le défi qui les attend. Le réchauffement de 1 °C que nous subissons déjà suffit à causer des drames importants : vagues de chaleur sans précédent, cyclones ultra-violents, inondations, fonte des glaciers et dislocation des calottes glaciaires, chassant de plus en plus de personnes de chez elles. Ces phénomènes donnent la mesure de ce qui nous attend si le réchauffement anthropique n’est pas arrêté au plus vite. La catastrophe n’est plus évitable, mais il reste possible et indispensable de la limiter au maximum.

Le rapport du GIEC estime que ce sera extrêmement difficile, voire impossible, même en recourant massivement à des « technologies à émissions négatives » et à la géo-ingénierie*. Le rapport évoque donc le scénario d’un « dépassement temporaire », compensé par un refroidissement dans la seconde moitié du siècle, grâce à ces technologies.

Ce scénario est très dangereux. En effet, la situation est si grave que le dépassement temporaire pourrait suffire à provoquer des basculements de grande ampleur, non linéaires et irréversibles, tels que la dislocation brusque de parties importantes des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, entraînant une hausse de plusieurs mètres du niveau des océans. Ces basculements pourraient déclencher des effets en cascade poussant le système Terre dans un réchauffement qui s’alimente lui-même. De plus, les technologies d’apprenti-sorcier envisagées sont hypothétiques et leurs effets pourraient être très négatifs.

«Chaque tonne de CO2 non émise compte ». Mais qui fait le compte, sur base de quelles priorités sociales, au service de quels besoins, déterminés par qui et comment ? Il est grand temps de changer les règles du jeu.

Et ce n’est pas l’énergie nucléaire qui sauvera le climat ! Au sommet de l’Etat, des choix énergétiques vont être faits dans le cadre du PPE avant fin 2018, encore et toujours axés sur une grande part de nucléaire. On sait, et ils savent, que le nucléaire est vulnérable au dérèglement climatique, tout particulièrement aux inondations et sécheresses qui entraînent de graves conséquences sur le fonctionnement du refroidissement indispensable des réacteurs, déjà émaillés d’accidents dus à leur état. Nous ne sommes pas à l’abri de catastrophes comme celle de Fukushima. L’argument du maintien du nucléaire pour éviter le « retour à la bougie » devient de nos jours ridicule, car si retour à la bougie il y a, il sera certainement dû soit à l’accident nucléaire, soit au désordre causé par le dérèglement climatique.

Les mobilisations pour le climat, comme la déferlante enclenchée depuis le 8 septembre, lancée par des ONG et des associations altermondialistes, amplifiée par la démission de Nicolas Hulot, et relayée et concrétisée par de nombreux citoyen-ne-s sur les réseaux sociaux, doivent être une étape forte dans la construction de mouvements populaires pour la justice climatique.

C’est bien aux populations, aux mouvements sociaux et citoyens de sortir par millions, et d’agir, pour construire une autre société, sobre, solidaire et égalitaire. Cela nécessite de s’attaquer au pouvoir des multinationales de l’énergie, pour sortir à la fois des énergies fossiles et du nucléaire ».

Ensemble!44, le 13 octobre 2018

Plus qu’une marche pour le climat, vidéo du rassemblement réalisé par notre ami François Nicolas :