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Déconfinement : l’implication citoyenne est vitale

La pandémie mondiale de Covid 19 a ouvert une crise multiforme, économique, sociale… qui bouleverse les sociétés. La présentation à l’Assemblée Nationale du plan de déconfinement par Edouard Philippe a révélé l’isolement croissant du gouvernement et la crise politique larvée qui se développe aujourd’hui en France à l’ombre de la crise sanitaire.  Elle révèle par ailleurs une précipitation pour obéir à la date fixée unilatéralement par le chef de l’Etat, au mépris d’un vrai débat parlementaire réduit à trois heures.

Le Premier Ministre a détaillé la mise en œuvre de mesures vitales que le gouvernement a jusque-là dénigré : généralisation du port du masque pour tou·tes, politique de tests massifs, isolement des personnes malades dans des lieux spécifiques (hôtels…) pour casser les chaînes de contamination. C’est l’aveu de ce qu’il aurait fallu faire au moment où l’épidémie commençait à surgir.

L’exemple le plus criant est la question de l’école : il est prévu de ne faire repartir que les écoles le 11 mai, signe que le but essentiel est la reprise du travail par les parents et pas la question sanitaire. Sinon pourquoi commencer par les enfants qui auront, en fonction de leur âge, le plus de difficultés à accomplir les gestes barrières. D’autre part, la responsabilité de rouvrir chaque école est laissée au personnel local, l’Etat se dégageant ainsi de ses responsabilités. Dans les conditions d’accueil actuelles, il n’est pas possible de rouvrir les écoles à partir du 11 mai.

Dans le domaine des transports urbains, non plus, rien n’est vraiment prêt pour que la sécurité sanitaire soit respectée. Qui fera respecter le port de masques et le non-encombrement des wagons et bus ?

Les conditions pour le début du déconfinement le 11 mai  ne sont pas remplies, il est impératif que le gouvernement revoie sa copie

A l’opposé du « macronisme jupitérien » qui s’épuise, un enjeu majeur réside dans l’implication de la population pour faire face à la propagation du virus. A l’échelle de chaque école, chaque quartier, dans chaque entreprise, avec les syndicats, les associations, les élu-es, il est nécessaire de créer des Collectifs d’échanges et de participation citoyenne pour discuter et contrôler les décisions à mettre en œuvre, afin de limiter les contaminations et de faire face aux difficultés matérielles de la population (alimentation, personnes seules…).

Plus que jamais, l’heure est aux solidarités. D’abord pour juguler l’épidémie, et au-delà commencer à tracer le chemin d’un monde solidaire, écologiste, féministe.

Ensemble!, le 19 avril 2020