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La gauche alternative européenne face au Covid-19

Nous publions ci dessous quelques positions prises par diverses forces politiques de la gauche alternative en Europe face à la crise sanitaire du COVID 19. Les liens vous permettront de retrouver les publications initiales.

https://anticapitalista.org/2020/03/21/video-anticorpi-per-la-quarantena/


Fermer les parcs publics? Fermez les productions non essentielles!

Fabrizio Burattini

Après une longue méditation, le gouvernement a donné naissance à la dernière souris. Hier, le ministre de la santé, face à la flambée dramatique des infections et des décès, notamment en Lombardie, a rendu un arrêté qui ferme les parcs publics et tous les exercices publics, interdit toute activité récréative sauf sur le trottoir sous la maison, et empêche l’utilisation de « résidences secondaires » le week-end (pour les chanceux qui en sont propriétaires).

Dans l’intervalle, comme si tout cela n’avait aucun rapport avec la propagation du virus, des millions de personnes doivent encore se déplacer quotidiennement, aux heures de pointe habituelles, encombrant les transports en commun pour aller travailler dans les usines et les bureaux.

La «beauté» de tout cela est que, d’une part, des milliers de travailleurs qui ont fait la grève et sont toujours en grève, les syndicats de base et de nombreuses RSU qui protestent contre cela sont d’une part CGIL et, d’autre part, les (à droite) présidents des régions du Nord et de l’ensemble de la droite politique.

D’un autre côté, une souris née d’un gouvernement qui apparaît et est faite pour apparaître au public comme un « gouvernement de gauche », un gouvernement qui, au lieu d’écouter les voix issues des grèves, écoute et partage les préoccupations de Confindustria et, encore une fois une fois, il n’aborde pas la question de la fermeture d’emplois non essentiels. Avec le coût en vies humaines que nous voyons chaque jour dans les bulletins de santé. Et aussi prendre la responsabilité de faire apparaître Salvini comme celui qui a à cœur le sort des travailleurs, quand il déclare qu’il faut fermer tout ce qui n’est pas essentiel.

Au lieu de cela, tout voile d’hypocrisie doit être levé, en fait si le gouvernement Conte obéit aux demandes de Confindustria, Salvini, dans ces heures, propose pour sa part à Confindustria la proposition de la taxe uniforme pour les entreprises. Pas d’impôts et pas d’immobilisations, avec pour conséquence un démantèlement supplémentaire des soins de santé publics et universalistes et de tous les autres services publics.

À la lumière de l’ouverture de l’Union européenne à de nouvelles injections de liquidité, le centre-droit et le centre-gauche démontrent ainsi qu’ils ont déjà une idée claire de qui ils veulent l’utiliser.

Les médecins et les infirmières les appellent des anges blancs, ils font de la chair à canon

Armando Morgia

Avec l’hypocrisie habituelle dont la politique italienne est masquée, les médecins et tous les personnels de santé, engagés dans la lutte contre la couronne virale, comme les anges en blouse blanche, continuent de se définir.

La vérité en est une autre, celle d’une utilisation de ces ouvriers comme fantassins au front pendant la Première Guerre mondiale, comme Cannon Flesh.

En fait, n’oublions pas comment il y a seulement deux ans deux infirmières, juste de Spallanzani, ont dénoncé la région du Latium à Radio Onda Rossa comme responsable de la dégradation du système de santé publique du Latium (pénurie de personnel, coupures de lits, financement de la santé privée) et a critiqué les choix managériaux et politiques de la direction générale de Spallanzani.

La réponse aux anges blancs par la direction générale de Spallanzani a été une sanction disciplinaire « exemplaire »: 4 mois de suspension de travail sans salaire et une plainte pénale auprès du parquet pour diffamation aggravée.

Heureusement, le 3 mars, le tribunal de Rome a statué, en première instance, condamnant Spallanzani à payer les salaires des 4 mois de suspension, à payer les frais de justice et à indemniser la Fédération Cobas qui les a immédiatement défendus et non il les a laissés seuls;

Mais la musique d’aujourd’hui ne change pas, pour tous les agents de santé il n’y a pas de masques, de blouses hydrofuges, de lunettes de protection, d’écouteurs, ils continuent à être laissés sans les protections individuelles nécessaires, et la preuve est qu’aujourd’hui on estime qu’environ 10% des personnes touchées à la fois le virus et le personnel soignant, pour un nombre absolu d’environ 3 500 unités.

Même les décrets du gouvernement, qui n’arrêtent que tardivement la production non essentielle, continuent de faire du fourrage aux canons, déclarent-ils, « les agents de santé ne suspendent leur activité qu’en cas de symptômes respiratoires ou de résultat positif pour le covid-19 », décrétant chaque sacrifice.

Nous sommes un pays capable d’augmenter chaque année les dépenses militaires, justifiant la nécessité d’une défense face à une hypothétique attaque extérieure, mais sans défense face à une urgence médicale. Ici aussi, la vérité est que l’une des raisons du financement des dépenses militaires est la défense des intérêts nationaux du capital, comme dans les missions étrangères où l’armée italienne garde le corps des intérêts d’Eni.

Il y a une responsabilité politique claire si aujourd’hui des milliers de travailleurs de la santé sont malades et risquent de tomber malades, il y a une responsabilité politique claire si, malgré leurs énormes efforts, le système de santé va s’effondrer, une responsabilité de tous ces gouvernements, qui pendant des décennies, au nom de la maîtrise des dépenses publiques a réduit la santé publique et financé la santé privée.

Brescia: des dizaines d’associations et des centaines de citoyens lancent un appel pour la fermeture d’activités inutiles

Publié le 21 mars 2020 dans Brescia, Des territoires, Lombardie

Appel à la fermeture de toutes les activités non essentielles

L’épidémie de coronavirus frappe durement l’humanité.
L’Italie, la Lombardie et Brescia en particulier sont dans une situation dramatique avec des milliers de malades, des centaines de morts et l’effondrement des soins de santé.

Pour contenir l’infection, des mesures ont été prises pour fermer les écoles, les entreprises non alimentaires et de santé, l’interdiction de se déplacer sauf pour des raisons sérieuses et justifiées, et le séjour obligatoire à domicile.

Ces mesures se révèlent inefficaces du fait que la majorité des entreprises de notre province continuent de faire travailler leurs employés, les obligeant à sortir quotidiennement pour aller travailler, mettant en danger leur santé celle de leur famille et de la communauté.

Pour cette raison, nous demandons au gouvernement et à la région de Lombardie de fermer immédiatement toutes les activités non essentielles.

En l’absence de ces mesures, nous demandons aux maires de notre province, à partir de celle de Brescia, après consultation de l’Autorité sanitaire
déclarent l’état de catastrophe médicale et rendre une ordonnance de fermeture immédiate des entreprises non essentielles:

 

https://vientosur.info/spip.php?article15733

ÉTAT ESPAGNOL – Mesures sociales et politiques urgentes contre le coronavirus (Covid19)

COMMUNIQUÉ DES ANTICAPITALISTES (ÉTAT ESPAGNOL)

1) UN SYSTÈME DE SANTÉ À LA HAUTEUR DE L’ÉPIDÉMIE

Il est nécessaire un système de santé publique capable d’adopter toutes les mesures urgentes. Cela suppose un financement suffisant, sans accepter les restrictions de dépenses imposées par la politique de l’Union européenne.
• Réouverture des lits de santé publique.
• Recrutement urgent du personnel de santé nécessaire dans toutes les catégories professionnelles. Couverture immédiate de leur congé de maladie. En cas de contagion, un arrêt maladie doit être envisagé pour les maladies professionnelles et peu courantes.
• Ayez des combinaisons de protection, des masques, des blouses, des lunettes, des gants, des écrans, etc. pour protéger les professionnels de santé. Contrôle des conditions de travail par les comités de sécurité et d’hygiène.
• Avoir des ressources de diagnostic suffisantes.

Ces mesures doivent être accompagnées:
• Le contrôle et la coordination par les autorités sanitaires de toutes les ressources, du personnel et des activités de santé privée, préviennent et pénalisent le fait que les entreprises privées négligent les soins de santé face à cette urgence.
• Contrôle des sociétés pharmaceutiques, des sociétés produisant du matériel sanitaire et des stocks stockés, ainsi que de leur distribution et de leur prix.
• Attention sanitaire sans exclusions à toutes les personnes intéressées ou qui doivent effectuer les tests, quel que soit leur statut juridique dans l’État espagnol.

Ce sont les premières étapes pour inverser le processus de détérioration et de privatisation des soins de santé et pour démarrer un plan de socialisation pour les industries pharmaceutiques et biotechnologiques stratégiques.

2) L’EFFORT DE TOUTE L’ENTREPRISE POUR CONTENIR EFFICACEMENT DANS L’ÉTAT ESPAGNOL

La transparence des informations et des conseils techniques en matière d’hygiène sont des éléments fondamentaux pour que l’ensemble de la population puisse contribuer de manière responsable, individuellement et collectivement, à l’arrêt de la propagation de l’épidémie et à soutenir les secteurs les plus à risque.

Mais cela ne suffit pas. Il faut que:
• Les travailleurs impliqués dans les mesures de lutte contre l’infection reçoivent leur salaire intégralement et leur licenciement est interdit.
• Les entreprises qui profitent des circonstances pour réaliser des plans de restructuration, des licenciements individuels ou collectifs, etc. sont pénalisées.
• Le plein salaire garanti est garanti aux personnes qui doivent quitter leur emploi pour s’occuper des mineurs dont les centres d’enseignement ont été fermés ou des personnes âgées ou convalescentes à cause du virus.

Les organisations syndicales, les comités d’entreprise et les conseils de délégués, ainsi que les comités de sécurité et de santé des entreprises – ou les délégués et les délégués à la santé dans l’hypothèse où ils existent – doivent participer aux décisions à prendre sur l’activité de production, en commençant par poursuivre l’organisation du travail intelligent, avec la fermeture temporelle des installations dans le cas où le niveau de confinement nécessite des mesures extraordinaires.

Les organisations populaires, féministes, écologiques et de quartier doivent jouer un rôle fondamental dans la protection de la santé publique, l’organisation de l’information, l’application de mesures préventives dans les communautés et les besoins de la population envers les pouvoirs publics

3) L’EFFORT DE LA RECHERCHE

Il est temps d’approuver sans délai, à travers l’augmentation de 200% du chiffre actuel des activités de recherche dans les universités et les centres publics spécialisés, un plan public de recherche et développement scientifique immédiatement appliqué, contrôlé par une organisation indépendant des industries pharmaceutiques et biotechnologiques privées.

4) COLLABORATION INTERNATIONALE

D’une part, il s’agit de promouvoir la coopération scientifique et industrielle et l’échange transparent d’informations avec le reste des pays industrialisés – à commencer par ceux de l’Union européenne – pour dynamiser la recherche et le développement de solutions à l’épidémie. D’autre part, il s’agit de lier l’effort de lutte contre la pandémie à l’ensemble de la communauté internationale, dépassant les limites actuelles de l’OMS, notamment en ce qui concerne le soutien sanitaire des pays pauvres.

5) LE FINANCEMENT DE LA GUERRE À L’ÉPIDÉMIE

Dans tout l’État espagnol, sans aucune restriction en matière de régimes fiscaux spéciaux et sans préjudice de mesures fiscales qui ne soient pas en contradiction avec celles qui pourraient être adoptées dans les différentes communautés autonomes, il s’agit d’obtenir les ressources nécessaires pour:
• Réaliser les dépenses publiques nécessaires pour faire face à l’épidémie et à la situation économique.
• Créer un impôt extraordinaire sur les grandes entreprises dont les bénéfices et revenus sont supérieurs à 150 000 € par an (équivalent à une augmentation de 10% de leur part employeur dans le premier cas et de 10% de la part IRPEF dans le second) et de 1% sur le montant des grandes fortunes et des actifs, pour soutenir l’effort contre le coronavirus, ce qui implique le blocage de leurs actifs financiers pour éviter la fuite des capitaux, prévoyant les sanctions correspondantes en cas de tentative d’éluder la norme.

Le but de ces mesures est de gagner la guerre contre le coronavirus, de donner un plus grand contrôle aux personnes et aux travailleurs, de renforcer leurs droits, de faire peser l’effort financier sur les plus riches, de diriger et d’offrir un débouché politique à la protestation populaire et à la colère et pour contrer la démagogie populiste de droite.

https://www.gaucheanticapitaliste.org/lavertissement-du-virus/

Belgique
L’avertissement du virus, par Daniel Tanuro

21/03/2020

Le virus nous parle. Il nous dit que nous avons besoin de solidarité, de générosité et de mesure. Il nous dit que l’austérité, la privatisation et la rentabilisation à tout va sont criminelles, surtout dans la santé. Il nous dit aussi qu’il est possible d’initier une vraie diminution radicale des émissions de gaz à effet de serre, de l’ordre de 7% en base annuelle. À une condition : produire moins et transporter moins.

Évidemment, le virus ne fait preuve d’aucun discernement : il réduit les émissions à l’aveuglette, en supprimant des vies, en créant beaucoup de souffrances, d’isolement et d’angoisse. Il exacerbe les inégalités et la précarité sociales. À terme, nous pourrions être confrontés à des pénuries de certains biens de première nécessité. Il serait donc absurde ou cynique de se réjouir.

Il serait encore plus absurde ou cynique de compter sur le virus pour atteindre les gigantesques réductions d’émissions nécessaires année après année, selon les scientifiques, pour ne pas dépasser 1,5°C. de réchauffement (-65% dans les pays de l’UE d’ici 2030, -58% au niveau mondial, -100% d’ici 2050).

Cette épidémie doit être enrayée le plus vite possible.

N’empêche que l’action du virus est plus efficace que celle des gouvernements. En dépit des négociations qui durent depuis 25 ans, les émissions de CO2 sont 60% plus élevées aujourd’hui que lors du Sommet de la Terre, en 1992. En dépit de l’accord de Paris, les mesures prises par les gouvernements nous promettent un réchauffement de 3,3°C – un niveau deux fois supérieur à celui que ces mêmes gouvernements ont décidé de ne pas franchir !

Alors, que nous soyons exposé.e.s au danger sur nos lieux de travail ou confiné.e.s chez nous, le virus nous invite à penser et à libérer nos imaginations pour poser quelques questions. Par exemple :

• Pourquoi la réduction à l’aveugle des productions et des transports par le virus ne pourrait-elle pas céder la place à une réduction consentie et planifiée par la société, en commençant par les productions inutiles et nuisibles ?

• Pourquoi les travailleurs/euses affecté.e.s par la suppression (en tout ou en partie) de ces productions inutiles ou nuisibles (les armes, la publicité, les voitures individuelles, les plastiques…) ne pourraient-iels pas garder leur revenu et bénéficier d’une reconversion collective dans des emplois de soins aux personnes et aux écosystèmes, socialement et écologiquement utiles et personnellement valorisants ?

• Pourquoi la mondialisation dictée par la maximisation du profit sur les « chaînes de valeur » des multinationales ne pourrait-elle pas céder la place à une coopération décoloniale généreuse, basée sur la justice sociale et climatique, la liberté de circulation et d’installation des personnes et la souveraineté alimentaire ?

• Pourquoi l’agrobusiness destructeur de la biodiversité et de la santé – qui favorise la propagation des virus!  – ne pourrait-il céder la place à une agroécologie, meilleure pour la santé humaine et pour la biodiversité ?

• Pourquoi le centre de gravité de la société ne pourrait-il pas basculer de la sphère de la production de marchandises à la sphère du « prendre soin » des humains et des non-humains ?

• Pourquoi ne pourrait-on pas à la fois produire moins, transporter moins et partager plus : partager les richesses, les savoirs, le travail nécessaire, et… partager le temps, cette ressource précieuse entre toutes ?

L’argument des politiques qui ne font rien pour sauver le climat est toujours le même : « Nous on veut bien, mais les gens ne veulent pas changer leur comportement consumériste ». La réponse à l’épidémie montre au contraire que, bien informées du danger, les populations acceptent des changements importants dans leur mode de vie.

Elle nous montre aussi que ceux qui ne veulent pas changer, en réalité, ce sont les responsables économiques, les financiers, et les actionnaires des grandes entreprises. Même en période d’épidémie, ils veulent continuer à produire toujours plus à moindre coût, pour faire le maximum de profit. Au mépris de la santé des travailleurs, des travailleuses et de la population.

Le virus nous dit que les gouvernements sont au service de cette politique : alors qu’il y a urgence sanitaire, ils refusent de suspendre l’activité dans les secteurs non-vitaux; alors qu’il faut refinancer le secteur de la santé, ils aident les banques ; alors qu’il faut plus de solidarités, ils continuent à harceler les allocataires sociaux/ales, les sans-abri, les migrant.e.s, les pensionné.e.s; alors qu’il faut plus de démocratie et de participation pour vaincre l’épidémie, ils s’octroient des pouvoirs spéciaux…

Les innombrables initiatives de la base pour aider les sans-abri, les défavorisé.e.s, les personnes âgées, les sans-papiers, soutenir les personnels de la santé, les grèves pour arrêter les entreprises non-vitales, etc., montrent qu’une autre politique est possible. Une politique d’auto-discipline solidaire, démocratique, sociale et généreuse.

En 2002, lors de l’épidémie du Coronavirus SRAS, les virologues ont prévenu que d’autres coronavirus suivraient et qu’il était possible de trouver un vaccin, mais les gouvernements ont refusé de financer leurs recherches. Ils veulent que la recherche médicale reste aux mains des multinationales du secteur pharmaceutique, dont l’objectif n’est pas la santé publique mais le profit par la vente de médicaments sur le marché des malades solvables.

De même, depuis 25 ans, les climatologues préviennent que le changement climatique risque de s’emballer et qu’il faut l’arrêter en cessant de brûler du pétrole, du charbon, du gaz naturel. Mais les gouvernements n’ont rien fait. Ils veulent que l’énergie reste aux mains des multinationales dont l’objectif n’est pas la transition énergétique la plus rapide possible dans la justice sociale mais le profit avant tout.

Le changement climatique est infiniment plus dangereux que l’épidémie. Il risque de faire monter le niveau des mers de plus de dix mètres. Si nous n’agissons pas très vite, il rendra la Terre inhabitable pour des centaines de millions d’humains et d’innombrables non-humains, sans retour en arrière possible. Les plus pauvres, les plus faibles en paieront les frais.

La manière de lutter contre cette menace dépend des priorités choisies. L’épidémie met en lumière celles des possédant.e.s et leurs conséquences : la production de marchandises avant les soins au gens; la liberté de spéculer (sur les masques, par exemple) avant la liberté de circuler; le sauvetage des banques avant le financement des services sociaux; les pouvoirs spéciaux et le flicage généralisé (comme en Chine!) au lieu de la participation démocratique; la traque des migrant.e.s au lieu de la solidarité.

À partir de ce précédent, chacun.e peut imaginer comment les mêmes priorités seront appliquées lorsque les  possédant.e.s n’auront plus d’autre choix que de décider – trop tard – de faire quelque chose contre la menace climatique.

Invisible comme le CO2, le virus nous avertit. Il nous dit de cesser de nous croire plus forts que la nature dont nous faisons partie. Il nous dit que le productivisme capitaliste nous a conduits au bord du gouffre et que les maîtres du monde ne nous sauveront pas : ils se sauveront eux, aux dépens des pauvres, des exploité.e.s, des opprimé.e.s et de nos libertés. Il nous dit que les politiciens néolibéraux ne nous sauveront pas : nous devons nous lever et nous organiser pour mettre fin au capitalisme, ce système aberrant qui dérègle complètement notre relation au monde et à nos semblables

https://www.esquerda.net/artigo/bloco-apresenta-programa-de-emergencia-a…

PORTUGAL
Le Bloc de gauche présente un programme d’urgence municipal

Covid-19 : Réponse aux crises: le rôle des autorités locales

Les communes disposent des moyens et des connaissances indispensables pour répondre à cette crise. Ils sont responsables des services publics fondamentaux et de proximité. Ils ont des travailleurs qui connaissent bien le territoire et les populations et avec des moyens et des équipements (des cantines au parc automobile, en passant par les pavillons et les écoles) qui peuvent et doivent être orientés vers la réponse à la crise que nous traversons.

Le Bloco de Esquerda présente un programme municipal d’urgence pour la crise pandémique, avec des mesures concrètes articulées en 3 axes et 17 domaines d’intervention prioritaires:

Soutenir les plus vulnérables

1. Aucun enfant n’est laissé pour compte
Assurer la préparation des repas des enfants des niveaux A et B de l’action sociale scolaire, distribuer le petit déjeuner, le déjeuner et les collations à ceux qui en ont besoin, en veillant à ce qu’ils atteignent l’équilibre nutritionnel normal, étant donné que beaucoup de ces élèves dépendent de l’école pour se nourrir de qualité. Pour des raisons de distance sociale, la distribution doit être à emporter.

2. Personnes âgées et handicapées accompagnées
Les équipes sociales doivent continuer à effectuer les visites et accompagnements habituels, pour la distribution de repas chauds, garantie d’hygiène, livraison de médicaments et suivi personnel par téléphone à travers les services sociaux de la commune. Identifier et inclure dans ces programmes, les personnes âgées et les personnes handicapées qui se sont retrouvées sans abri à cause de la crise et de la fermeture temporaire des centres de jour et autres équipements sociaux pour les personnes dépendantes.
Les municipalités devraient renforcer les services de soutien à domicile existants, soutenir les organisations qui assurent les besoins quotidiens de cette population (organisations dédiées au soutien à domicile, centres de soutien à la vie indépendante, entre autres) et promouvoir des canaux de communication dédiés et accessibles pour soutenir les gens. cette population.

3. Identifier et soutenir les familles particulièrement fragiles
Le licenciement de travailleurs précaires, informels et sans papiers crée de nouveaux problèmes sociaux. Dans bon nombre de ces cas, la sécurité sociale ne dispose pas encore d’outils d’intervention efficaces et les municipalités peuvent identifier et soutenir les personnes les plus vulnérables.
Par le biais des cantines municipales et des équipes de soutien à domicile, et en collaboration avec la sécurité sociale dans la mesure du possible, les services sociaux municipaux doivent garantir un soutien d’urgence (nourriture, médicaments, soutien financier) et dans la recherche de réponses plus larges.

4. Quiconque dort dans la rue aujourd’hui a besoin d’une réponse spéciale

Renforcement des centres d’accueil, en augmentant la capacité de réponse et, chaque fois que nécessaire, en créant de nouveaux centres temporaires pour garantir l’accueil de tous ceux qui en ont besoin, avec des mesures d’hygiène renforcées et garantissant des espaces d’isolement. Le maintien des réponses pour ceux qui consomment des drogues a également préparé des situations d’isolement et de quarantaine. Ces réponses doivent être préparées pour accueillir les animaux de compagnie des sans-abri.

5. Protéger les victimes de violence domestique

La prévention et la lutte contre la violence domestique et la surveillance des enfants à risque sont entravées par la fermeture des écoles et l’isolement social des familles. Les situations de violence vont probablement s’intensifier et il est important de continuer à assurer une réponse adéquate.
Les services sociaux municipaux, en collaboration avec la Sécurité sociale, les forces de sécurité et les entités qui interviennent dans la zone, doivent garantir des visites aux familles signalées, des contacts réguliers en face à face et par téléphone et le renforcement des campagnes de sensibilisation et d’information. La réponse à l’accueil d’urgence et la mobilisation des voisins pour dénoncer et protéger doivent être renforcées.
Garantie des droits et services fondamentaux

6. Droit au logement
Durant cette période, les communes doivent mobiliser toutes les réponses possibles pour garantir le droit au logement comme réponse pour garantir la santé publique. Pour cela, il est nécessaire de suspendre les loyers dans les parcs d’habitation municipaux, de la même manière qu’aucune expulsion ne peut y avoir lieu.

Suspendre la démolition des constructions de logements précaires et trouver une solution urgente pour les familles en situation de sans-abrisme ou une solution de logement très précaire, avec la mobilisation d’un parc public de logements en ville ou dans l’Etat central et, si nécessaire, la demande de particuliers.

7. Accès à l’eau et aux services essentiels
Les services essentiels, sous la responsabilité directe ou indirecte des municipalités, tels que les services municipaux d’eau et de déchets, doivent garantir la fourniture continue de tout service pendant la période de déclenchement du COVID 19, sans aucune coupure. De même, ils doivent organiser et renforcer les équipes d’intervention en cas de soutien aux réseaux et infrastructures de la commune.

En matière d’accès à l’eau, outre l’interdiction de couper l’approvisionnement, il est nécessaire de s’assurer qu’il n’y a pas de pénalités, amendes et intérêts de retard pour paiement tardif, et d’admettre que la consommation essentielle est gratuite, déterminée par les niveaux de consommation et le nombre de personnes. du ménage.

8. Transport sûr
Renforcement de l’hygiène des transports publics et suspension de la collecte des titres de transport et des tickets.  Renforcement de l’offre de transport dans les horaires et déplacements des professionnels des services essentiels. Garantie de stationnement gratuit.

9. Continuité du soutien et des services sociaux

Le travail de sensibilisation sociale est souvent assuré par l’IPSS ou des ONG. Chaque municipalité doit surveiller les procédures et s’assurer qu’elles ne sont pas interrompues ou réduites.

Les services sociaux municipaux, en collaboration avec d’autres services publics, doivent également garantir la permanence de services minimaux en face à face dans le suivi et l’accompagnement des groupes à risque, complétés par des contacts téléphoniques individualisés. Si nécessaire, les ressources humaines nécessaires pour maintenir les réponses essentielles doivent être embauchées.

10. Protéger les travailleurs de la ville

Exonération ou télétravail pour ceux qui font partie de groupes à risque, sans perte de rémunération ou de droits, création de plans d’urgence pour les différents services et garantie de mesures d’hygiène et de sécurité renforcées pour ceux qui maintiennent des tâches en face à face, adaptées à l’exposition à laquelle ils sont soumis .

Après avoir défini les services et secteurs essentiels, ceux qui travaillent dans les municipalités devraient être exemptés d’exercer leurs fonctions en personne, en utilisant le télétravail ou le travail à distance chaque fois que possible.

Les personnes jugées essentielles pour garantir les services essentiels devraient, dans la mesure du possible, travailler par roulement.

Les municipalités et les entreprises municipales n’envoient aucun travailleur au chômage pendant la crise, renouvelant ou prolongeant les contrats à durée déterminée, temporaires ou autres qui cessent pendant cette période. Tous les salaires doivent être garantis à 100%.
Une communauté solidaire

11. Collaboration avec le NHS

Mobilisation des ressources municipales pour éliminer la pression du NHS et protéger la population:
• Articulation avec les services hospitaliers pour assurer la libération des admissions sociales pour les équipements municipaux, suivi garanti dans le cadre de l’hospitalisation à domicile et suivi des services sociaux;
• Mise à disposition d’équipements ou d’espaces municipaux pour effectuer le dépistage et le diagnostic du virus, en toute sécurité pour les citoyens et les professionnels de santé;
Fourniture de véhicules et de chauffeurs des municipalités qui ne sont pas affectés à des activités essentielles, pour un plus large éventail d’équipes à domicile du NHS dans la prestation de soins post-hospitaliers et la population souffrant de maladies chroniques;
• Transport pour la collecte et la livraison des médicaments chroniques uniquement disponible dans les pharmacies hospitalières).

12. Hébergement pour ceux qui nous protègent

13. Maintenir les engagements de protéger les emplois et les revenus des travailleurs

Les municipalités et les entreprises municipales maintiennent des engagements de financement pris avec des associations, des coopératives ou des micro et petites entreprises pour des événements culturels, sportifs, touristiques ou autres qui ont été annulés ou reportés en raison de l’épidémie de Covid-19.

14. Marchés

Les marchés / foires hebdomadaires sont suspendus en raison de leurs caractéristiques. Les marchés frais quotidiens devraient fonctionner. La municipalité doit fournir des conseils sur le terrain concernant le nombre de personnes qui devraient être sur place, en organisant les entrées.
Dans certaines situations, l’introduction de nouvelles heures d’ouverture (par exemple de 17 h à 20 h) peut contribuer à faciliter l’accès en réduisant la concentration de personnes. Cette prolongation des heures ne devrait pas entraîner le paiement de frais.
Alternativement, les municipalités peuvent acheter des produits pour la distribution ou pour la préparation des repas et la distribution ultérieure aux personnes en situation de difficulté.

15. Soutien et bien-être animal

De nombreuses personnes en détention auront besoin de soutien pour assurer le bien-être de leurs animaux, que ce soit pour la nourriture, les soins vétérinaires ou les promenades hygiéniques. Les conseils doivent mobiliser des canaux de soutien pour l’accomplissement de ces tâches par des personnes qui ne font pas partie de groupes vulnérables et qui peuvent fournir ce soutien.

La municipalité devrait promouvoir, là où cela n’existe pas encore, l’identification des colonies de chats et l’articulation entre les soignants, ainsi qu’un bassin de personnes disponibles pour remplacer les soignants habituels soumis à l’emprisonnement obligatoire.

16. Information pour tous

Les municipalités doivent fournir des informations à jour sur l’épidémie de Covid-19, les procédures recommandées et le soutien disponible, en tenant compte de la diversité de ses destinataires et du territoire.

Il faut tenir compte des spécificités des populations et des villages isolés, ainsi que des personnes peu alphabétisées, handicapées et des communautés d’immigrants (y compris des informations en langue accessible, en braille, en portugais et en langue maternelle des communautés d’immigrants présentes sur le territoire). ).

Les sites Web des municipalités, ainsi que les pages sur les réseaux sociaux, doivent contenir des informations à jour sur les services sociaux à la communauté qui sont actifs, avec des contacts et des horaires.

17. Réseaux solidaires de participation communautaire

Les travailleurs et les équipes spécialisés sont irremplaçables dans l’action sociale. Cependant, la participation des citoyens aux tâches de solidarité peut être nécessaire à un moment où les travailleurs formels sont rares.

Les municipalités doivent organiser une réponse civique et communautaire à travers un réseau solidaire. Ce réseau de solidarité consiste en la collecte et l’organisation de personnes désireuses d’effectuer des tâches telles que faire des achats, livrer des repas, collecter et livrer des médicaments ou promener des animaux de compagnie. Cette intervention solidaire devrait répondre aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux suspects de Covid-19 en situation d’isolement à domicile.

Ce réseau doit exclure les personnes qui font partie des groupes à risque, et les municipalités doivent fournir le matériel et le soutien d’information nécessaires pour réduire le risque de contagion.

 

Etat espagnol, Casserole populaire
Échec et mat? à la monarchie?

Pedro Casas
Madrid 19 de marzo de 2020

Malgré l’enfermement physique et informationnel auquel nous sommes soumis depuis quelques jours par l’heureux virus, rien ne peut arrêter la remise en cause populaire d’une institution dépassée, antidémocratique et profondément corrompue.

La dégénérescence de l’ancien détenteur de la Couronne devient si grande que même les moyens monarchiques ne sont plus en mesure de le cacher, car ils émergent comme une hydre de sept têtes impossibles à plier.

Après les nouvelles que nous connaissions il y a quelques jours des médias étrangers (encore une fois, nous devons le découvrir à travers la « vague courte »), le dimanche 15, la Maison royale nous a surpris avec une déclaration incroyable avec laquelle le fils de Juan Carlos il essaie de nettoyer son image et ses liens héréditaires. En ce qui concerne l’héritage économique, il ne précise pas que sa démission est réelle, ni ne semble légalement possible. Et de l’héritage politique, le trône, ne dit rien, comme prévu.

Si le scandale de la chasse africaine à Juan Carlos en pleine crise mondiale, quelques jours après avoir affirmé que la « grève des jeunes lui avait endormi », a conduit à son abdication quelques années plus tard, le nouveau scandale de la maison royale, en pleine crise et l’isolement collectif, peuvent conduire à une nouvelle abdication; on verra.

Peut-être que Felipe VI avait l’idée que l’état actuel d’alarme et de confinement collectif pourrait être le meilleur moment pour que ses scandales familiaux passent inaperçus; mais il est possible qu’il ait carrément tort. Précisément, l’état de choc actuel dans lequel se trouve la population modifie les humeurs, parfois de manière incontrôlée, du point de vue social et relationnel. Comme toutes les familles de ce pays sont confrontées à une crise sanitaire, avec de graves risques pour la santé, le revenu économique et l’emploi, il s’avère que la famille royale se consacre à sa sale lessive d’héritages millionnaires d’origine corrompue , et tout assaisonné avec la tradition unique de la dynastie de la dynastie régnante.

Ce fut une grande erreur (peut-être qu’il n’avait pas d’autre choix) de publier dimanche 15 le communiqué sur certaines questions qui durent depuis des années; Mais la vente aux enchères devait s’adresser à ses sujets, comme si rien ne s’était passé ici et sans excuses, pour s’exposer comme une foire aux marionnettes. Le peuple espagnol, si bon pour certaines choses, et pas tant pour d’autres, n’a pas manqué l’occasion que le monarque lui a offerte de le placer au pilori du mépris collectif, rappelant certains épisodes du passé.

La nuit du mercredi 18 mars restera dans l’histoire pour, sûrement, la plus grande manifestation anti-monarchie organisée dans ce pays. Des centaines de milliers de personnes ont participé, certaines activement et d’autres en tant que spectateurs, à un pan impressionnant qui sillonnait les quatre coins de la géographie, avec plus ou moins de force et de participation selon les territoires. Enfin, une grande manifestation anti-monarchique, décentralisée et simultanée sur tout le territoire de l’Etat. L’atmosphère était chargée et il suffisait que quelqu’un allume la mèche; Ce rôle a été joué par le tissu organisé, de manière formelle et informelle, en particulier dans les quartiers et les rues, qui ont été le théâtre de la magnifique protestation, car, à certains endroits, il est encore nécessaire que quelqu’un donne le premier signe…

Qui pourrait imaginer que cela pourrait se produire dans les circonstances actuelles, avec une opinion publique limitée, de manière écrasante, sur un seul sujet? Parfois (ou presque toujours), les événements qui transforment l’histoire se produisent et se précipitent de façon inattendue. Je ne sais pas si la monarchie espagnole a subi un échec et mat (sûrement pas à court terme), ou une poussée (en termes taurins que les Bourbons aiment tant) qui mènera à l’agonie peu de temps avant le score final. Parce que tout indique que l’attention des médias restera, avec de nouvelles communications (une de Corina Larsen a été publiée aujourd’hui) et d’éventuelles plaintes.

Il est possible que la dimension de ce que nous vivions le mercredi 18 puisse nous aveugler d’illusion et ne pas laisser voir que la monarchie a peut-être plus de corde que nous le souhaiterions. Mais tout indique que les choses sont déjà différentes. C’était la première fois que certains médias, liés à la monarchie, non seulement devaient enfin ouvrir la bouche et dire ce qui se passait dans la famille royale et ils nous cachaient; mais c’est aussi qu’ils demandent ouvertement l’exil du coquin et qu’ils ont sévèrement critiqué le discours indescriptible du roi avec lequel il entendait «entrer» dans la dure réalité d’un pays qu’il ressent, et donc il l’a montré avec ses mots et ses gestes, totalement extraterrestre.

Il est important que si les choses se précipitent, que tout puisse arriver, on se prépare le mieux possible, ça ne va pas être qu’ils mettent une république présidentielle, presque monarchique, comme celle que nous avons dans certains pays voisins, avec un président non présentable, et sans défaire aucun des liens que cette monarchie, successeur du franquisme, représente et entretient.