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Le Code du Travail victime colatérale du covid-19

L’occasion est trop belle pour le gouvernement et le patronat. Les deux lois d’urgence sanitaire face à l’épidémie de Covid -19 leur ont permis une remise en cause importante des droits sociaux, sans que les salariés et leurs organisations syndicales n’aient la moindre possibilité de se mobiliser !

Qu’on en juge :

  • Dérogations aux durées maximales quotidiennes et hebdomadaires de travail, et à la règle du repos dominical, dans des secteurs listés par décret ;
  • Possibilité pour l’employeur de modifier ou d’imposer au salarié ses dates de congés (dans la limite de 6 jours), de jours de RTT ou d’un compte épargne temps, dans un délai d’un jour seulement avant ces dates ;
  • Suppression dans certains domaines de la consultation préalable du comité social et économique (CSE) : activité partielle, dérogations aux durées maximales de travail et à la règle du repos dominical, prise de jours RTT et compte épargne temps imposés ;
  • Diminution drastique des délais de consultation du CSE vidant cette consultation de toute substance ;
  • « Assouplissement », par accord d’entreprises, des règles de renouvellement des CDD et de l’intérim, renforçant encore la précarité de ces travailleurs ;
  • Remise en cause de la responsabilité pénale des employeurs si des salariés attrapent le coronavirus dans le cadre de leur activité professionnelle.

Toutes ces mesures sont affichées comme étant temporaires (elles sont prévues, pour la plupart, jusqu’au 31/12/2020), mais il est évident que la crise économique à venir justifiera leur inscription définitive dans le Code du travail. La remise en cause des droits des travailleurs n’a jamais fait la preuve d’une quelconque efficacité !

Augmentez les salaires tout de suite !

Pendant la période de confinement, en prenant des risques pour leur santé, bon nombre de salarié-e-s ont maintenu les services essentiels (santé, aide à domicile, alimentation, transport et logistique, traitement des déchets, enseignement …). Au lieu de leur donner des moyens, le gouvernement ose leur annoncer la remise d’une médaille de l’engagement ! Quel mépris !

Le gouvernement doit interdire le versement de dividendes aux actionnaires des entreprises qui ont bénéficié des aides de l’État !

Le Ministre de l’Économie, la Ministre du Travail, mais aussi Laurent Berger, dirigeant de la CFDT, ont attaqué la décision de la CGT de Renault Sandouville de saisir la justice sur les conditions de réouverture de l’usine. Le juge lui a donné raison, ayant relevé de réels problèmes de sécurité et de consultation du CSE.

Défendre les droits des salariés et de leurs représentants du personnel est aussi une mesure barrière !  Dans certaines entreprises des foyers de l’épidémie se sont développés.

Nos vies valent mieux que leurs profits

Le COVID a bon dos : il faut mettre un coup d’arrêt à cette politique

D’ores et déjà, des rassemblements du secteur de la santé contre la politique du gouvernement ont eu lieu dans plusieurs villes, et une journée d’action de ce secteur est prévue en juin.

Exigeons la fin immédiate des mesures remettant en cause les droits des salariés et la réinstauration dans la loi des CHSCT, dans les entreprises, l’expertise de cette instance fait cruellement défaut en cette période de crise sanitaire ; la gratuité des masques ; l’augmentation immédiate des salaires, une limitation de l’échelle des salaires entre le plus bas salaire et le plus élevé.

Ce n’est pas aux salariés de payer la crise économique entraînée par une mauvaise gestion de la crise sanitaire par le gouvernement ! Il faut rétablir l’ISF, la progressivité de l’impôt pour les hauts revenus, sanctionner et taxer réellement l’évasion fiscale, relocaliser les productions, notamment celles qui constituent une nécessité vitale (alimentation, produits sanitaires …) au plus près du consommateur en promouvant les circuits courts.

Ce dont nous avons besoin c’est de la justice sociale !

Augmentez les salaires ! Diminuez le temps de travail !

Le 21 mai 2020