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Chateaubriant écologiste et solidaire

Les enjeux des municipales à Châteaubriant et dans sa région

 

Trois listes sont en concurrence à Châteaubriant :

L’inévitable liste du maire sortant, Alain Hunault, qui en est à son troisième mandat et qui succède à son père. Une dynastie de notaires qui sait tenir sa clientèle. Son programme tient dans son titre « ensemble, continuons ». Continuons à augmenter le nombre de caméras de vidéo-surveillance, poursuivons « l’agrandissement des zones d’activité », continuons à investir dans le réseau routier avec une 2×2 voies entre Châteaubriant et Nozay (pour gagner 1 ou 2 minutes ?), et agrandissons la patinoire. Mais on fera aussi des pistes cyclables et les C’bus seront bientôt gratuits. Comme les entreprises locales réclament des employés qualifiés, Hunault demande des formations post-bac à Châteaubriant avec un IUT jusqu’à la licence. Cerise sur le gâteau, il propose de développer « la Folle journée sur plusieurs lieux. »

La liste « Châteaubriant écologiste et solidaire » est rassemblée autour de Bernard Gaudin qui a acquis le statut d’opposant principal à Hunault dans la ville et dans la ComCom de Châteaubriant-Derval. Elle réunit les différentes sensibilités de gauche et écologistes avec, en 3e position, Patrick Baron, ancien président de la Confédération paysanne 44. Elle entend mettre à mal l’hégémonie du maire sortant en se proposant de relever le défi de la transition écologique (alimentation bio et locale, jardins partagés, gratuité des C’bus, circuits piétonniers et pistes cyclables). Elle veut développer de nouveaux services et de nouvelles solidarités, avec une vraie tarification solidaire pour les cantines, l’eau potable, l’accès à la culture. Elle est intéressée par la mise en place du dispositif « zéro chômeurs de longue durée » car s’il y a une embellie dans la région sur le front du chômage, les personnes les plus éloignées de l’emploi peuvent ressentir encore plus fortement leur isolement. Un point fort du programme, qui peut séduire, est de rompre l’isolement de la ville qui se tient à l’écart, pour des raisons politiciennes, des politiques conduites par le Département. Elle invite à plus de démocratie locale, plus de moyens pour la vie associative – ce qui n’est pas peu dire quand on connaît le mode de gestion bureaucratique et centralisée de la gestion actuelle.

Le seul intérêt de la 3 liste « Renaissance Châteaubriant », conduite par le chef d’entreprise François-Xavier Le Hécho (LREM), est de pouvoir mettre la liste Hunault en ballotage au 1er tour, et donc d’ouvrir des opportunités pour la liste de la gauche écologiste au second tour. Ce nouveau venu de la politique, s’il fait des critiques pertinentes de la gestion municipale actuelle, adopte un ton très personnel qui donne une idée de son style de management plus que le discours qui l’habille. Il prône « la transparence » (pour dénoncer les faits sociaux comme les rave party), la sécurité (le bon entretien des caméras vidéos), la mobilité (avec un train Rennes-Nantes passant par Châteaubriant), une action sur le logement mystérieuse (la municipalité délivrerait un « permis de louer » pour garantir la salubrité des logements). Refrain toujours entendu : « recréer une dynamique de centre-ville », mais comment ? Seule proposition concrète : déplacer l’entreprise de fonderie Focast (72 salariés) à Soudan. Avec lui la ComCom serait prête à débourser 4 millions d’euros et la ville 1 million pour cofinancer cette opération  estimée à 30 millions… sans créer un emploi supplémentaire ! Même la presse locale bien-pensante se moque de cet aventurier qui vise les 40% au premier tour. S’il atteignait 20%, ce serait déjà un succès. En tout cas, on voir mal ce que la liste progressiste pourrait faire avec cette autre version de la droite, sans doute plus dangereuse que Hunault qui a au moins acquis la prudence de l’expérience.

Et dans le  reste de la région ?

Ce qui domine, c’est l’absence quasi-généralisée « d’étiquette ». Il faut être au parfum des enjeux locaux pour deviner qui a des accointances à gauche et qui est plus marqué à droite, car le discours écolo a gagné tous les discours dans les zones rurales et péri-urbaines.

Signalons tout de même :

Trois listes à Blain, avec un maire sortant, Jean-Michel Buf, élu à la Région, sans « étiquette » mais dans la majorité régionale. La liste des opposants de gauche, « Blain initiatives citoyennes » conduite par Rita Schladt et Jean-Pierre Hamon, a peu de chances de s’imposer, mais elle soutient la candidature à la présidence de la comcom du pays de Blain, le maire du Gâvre, Nicolas Oudaert, qui fait partie de « Territoires 44 ». La 3e liste, « Blain demain » se vante d’avoir « 4 policiers » dans ses rangs, veut une sécurité routière renforcée et critique le manque d’investissements de la municipalité sortante.

A noter une liste de la gauche alternative à Plessé, « Osons Plessé », qui se présente contre le maire sortant, Bernard Lebeau, PS et VP du Conseil départemental.

A noter encore, comme une particularité locale, une tête de liste qui affiche son appartenance au PC, pour conduire la liste de gauche à Guémené Penfao.

Toutes les communes rurales ont au moins une liste, mais parfois avec difficulté, comme ce fut le cas à Ruffigné, commune de 700 habitants. Le maire sortant, 71 ans et 3 mandats, pour éviter que sa commune ne disparaisse, a décidé de rempiler au tout dernier moment, sous la pression du sous-préfet.

Dans la ComCom de Nozay, il n’y a qu’une liste dans 6 communes sur 7, ce qui n’est pas un signe de démocratie vivante. Seule, la maire de Puceul, présidente de la ComCom de Nozay, doit faire face à une liste d’opposition qui présente des aspects intéressants, mais qui prône le repli sur la défense des intérêts communaux.

Dans la région de Châteaubriant, la campagne des municipales se déroule, en apparence, en déconnexion complète avec les grands enjeux nationaux : le mouvement des gilets jaunes,  la réforme des retraites, le 49-3…

René Bourrigaud, le 6 mars 2020