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L’hôpital se fout de la charité, par Elsa Faucillon

Réécrire l’histoire pour se la rendre plus profitable ou s’en défausser. Voilà comment l’on pourrait juger les interventions ces derniers jours du Président de la République à propos de l’hôpital et des soignants.es.Le choc pandémique a traversé l’hôpital. Les soignants en grève depuis un an pour dénoncer l’absurdité de gestion de ce service public comme son sous-financement – manque criant de personnels, de lits, de matériels -commencent tout juste à sortir la tête de l’eau en redoutant la seconde vague.
Les exercices de communication, Emmanuel Macron y est rompu. Il était donc difficile pour lui de tout nier en bloc. Difficile aussi de se soustraire au soutien aux soignants présent partout et sous différentes formes dans le pays. Alors, Emmanuel Macron a tenté d’être humble, c’est laborieux mais il a bien voulu reconnaître que sans doute, dans une certaine mesure, il y a pu avoir ici ou là des problèmes, des manques…Le tout emballé dans une entreprise assez fine de dédouanement systématique de toute responsabilité.

C’était alors le moment de sortir la grosse caisse qui prend ici la forme de l’annonce d’un plan massif pour l’hôpital et le système de santé français. Audacieux : « Il faut aller plus vite dans la revalorisation des salaires, des carrières et des compétences », attardons nous ici un instant sur le « plus vite » laissant à penser que c’est en cours. Et surtout rappelons que le premier budget du gouvernement Philippe ôtait 1,5 milliard aux hôpitaux publics et qu’il y a encore 3 mois les soignants mobilisés n’oubliaient pas le sérum phy pour partir en manif.Ajoutons que tout de suite après l’annonce de ce plan manif, les conseillers du Président ont précisé qu’il s’agissait du « début d’un processus » qui se concrétiserait en neuf chantiers et un projet de loi.

Puis magnanime, le Président reconnaît avoir été trop visionnaire puisque son plan Ma Santé 2022 arrive “dix ans trop tard”. Vite, que l’on donne à cet homme une médaille !

Quand la macronie est acculée, elle sort son super joker, la “prime”. Après les gilets jaunes, on commence à connaître. Si les personnels soignants avaient très clairement fait comprendre qu’une médaille ne suffirait pas, la prime est une insulte supplémentaire, surtout quand la possibilité de la toucher tarde à se préciser et semble vouloir trier sur le volet ce qui la recevront. Une prime ne suffira pas et la solution est une revalorisation salariale générale. À titre d’exemple la France est un des pays de l’OCDE (3ème en partant de la fin) qui paye le plus mal ses infirmiers et infirmières en moyenne 6% en-dessous du salaire moyen. Et là le gouvernement botte en touche, cherche à conditionner déjà toutes possibilités d’augmenter les salaires. En demandant qu’une potentielle revalorisation se fasse à partir d’une “montée en qualification” ou en jouant sur le temps de travail, le gouvernement persiste dans son cynisme. Le président de la République le sait, s’il lâche ici, ça va craquer partout.

Quant à la gestion managériale, la possibilité de remettre la santé comme visée, rompre avec la logique de performance d’actes médicaux qui garantissent les financements des établissements plutôt que la réponse à des besoins, les annonces présidentielles semblent vouloir noyer le poisson sous les faux apparats de l’humanisme qu’il mobilise parfois entre deux phrases arrogantes.

La dernière en date n’est pas passée inaperçue, dans un document BFM TV, E. Macron affirme que « nous n’avons pas été en pénurie de masques » !! Les citoyens de ce pays comme partout dans le monde sont en quête d’un pouvoir politique qui ne se défausse pas. Alors plutôt que de donner vos RTT aux soignants, prenez les et venez vous mobiliser avec eux !

Réécrire l’histoire pour se la rendre plus profitable ou s’en défausser. Voilà comment l’on pourrait juger les interventions ces derniers jours du Président de la République à propos de l’hôpital et des soignants.es.Le choc pandémique a traversé l’hôpital. Les soignants en grève depuis un an pour dénoncer l’absurdité de gestion de ce service public comme son sous-financement – manque criant de personnels, de lits, de matériels -commencent tout juste à sortir la tête de l’eau en redoutant la seconde vague.
Les exercices de communication, Emmanuel Macron y est rompu. Il était donc difficile pour lui de tout nier en bloc. Difficile aussi de se soustraire au soutien aux soignants présent partout et sous différentes formes dans le pays. Alors, Emmanuel Macron a tenté d’être humble, c’est laborieux mais il a bien voulu reconnaître que sans doute, dans une certaine mesure, il y a pu avoir ici ou là des problèmes, des manques…Le tout emballé dans une entreprise assez fine de dédouanement systématique de toute responsabilité.

C’était alors le moment de sortir la grosse caisse qui prend ici la forme de l’annonce d’un plan massif pour l’hôpital et le système de santé français. Audacieux : « Il faut aller plus vite dans la revalorisation des salaires, des carrières et des compétences », attardons nous ici un instant sur le « plus vite » laissant à penser que c’est en cours. Et surtout rappelons que le premier budget du gouvernement Philippe ôtait 1,5 milliard aux hôpitaux publics et qu’il y a encore 3 mois les soignants mobilisés n’oubliaient pas le sérum phy pour partir en manif. Ajoutons que tout de suite après l’annonce de ce plan massif, les conseillers du Président ont précisé qu’il s’agissait du « début d’un processus » qui se concrétiserait en neuf chantiers et un projet de loi.

Puis magnanime, le Président reconnaît avoir été trop visionnaire puisque son plan Ma Santé 2022 arrive “dix ans trop tard”. Vite, que l’on donne à cet homme une médaille !

Quand la macronie est acculée, elle sort son super joker, la “prime”. Après les gilets jaunes, on commence à connaître. Si les personnels soignants avaient très clairement fait comprendre qu’une médaille ne suffirait pas, la prime est une insulte supplémentaire, surtout quand la possibilité de la toucher tarde à se préciser et semble vouloir trier sur le volet ce qui la recevront. Une prime ne suffira pas et la solution est une revalorisation salariale générale. À titre d’exemple la France est un des pays de l’OCDE (3ème en partant de la fin) qui paye le plus mal ses infirmiers et infirmières en moyenne 6% en-dessous du salaire moyen. Et là le gouvernement botte en touche, cherche à conditionner déjà toutes possibilités d’augmenter les salaires. En demandant qu’une potentielle revalorisation se fasse à partir d’une “montée en qualification” ou en jouant sur le temps de travail, le gouvernement persiste dans son cynisme. Le président de la République le sait, s’il lâche ici, ça va craquer partout.

Quant à la gestion managériale, la possibilité de remettre la santé comme visée, rompre avec la logique de performance d’actes médicaux qui garantissent les financements des établissements plutôt que la réponse à des besoins, les annonces présidentielles semblent vouloir noyer le poisson sous les faux apparats de l’humanisme qu’il mobilise parfois entre deux phrases arrogantes.

La dernière en date n’est pas passée inaperçue, dans un document BFM TV, E. Macron affirme que « nous n’avons pas été en pénurie de masques » !! Les citoyens de ce pays comme partout dans le monde sont en quête d’un pouvoir politique qui ne se défausse pas. Alors plutôt que de donner vos RTT aux soignants, prenez les et venez vous mobiliser avec eux !

Elsa Faucillon 

Parution initiale dans le Fil des communs, lettre initiée par Elsa Faucillon et Clémentine Autain