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Loire-Atlantique : un 1er mai unitaire et combatif

Mobilisation réussie pour ce 1er mai en Loire-Atlantique. A Nantes où plus de 5000 personnes ont manifesté, l’unité syndicale CGT, FSU, Solidaires, UNEF et MNL et avec les Gilets jaunes était au rendez-vous et la solidarité internationale bien présente, témoignant si l’en était besoin de l’ampleur du mécontentement et de la colère contre le gouvernement Macron et de l’inquiétude face à la crise climatique. A saint Nazaire, près d’un millier.

Extrait de l’intervention de l’intersyndicale sur la solidarité internationale (très applaudie)

« Lutte pour les droits et la dignité des salarié-es, lutte pour l’égalité, la démocratie et les doits humains, lutte pour le climat, lutte pour le droit des peuples opprimés; oui, en ce 1er Mai, à Nantes, nous sommes aux côtés et solidaires de toutes celles et tous ceux qui, aux 4 coins de la planète, ne se résignent pas à l’exploitation capitaliste et aux désordres du monde.

En tout premier, nos soeurs et frères migrants, qui tentent de fuir les guerres, la misère et les crises climatiques et qu’on essaie toujours de bloquer aux frontières de l’Europe, érigée en véritable forteresse, au prix de milliers de noyés anonymes dans les eaux de la Méditerranée et à qui on réserve le pire des accueils dans nos villes. Welcome, bienvenue, solidarité avec vous, réfugié-es à Nantes, welcome, bienvenue, solidarité avec vous, frères et soeurs soudanais, érythréens, irakiens, afghans et de tant d’autres pays, à toutes celles et ceux qui se sont levés pour une vie meilleure.

Mais aussi bravo, merci et solidarité à toutes celles et tous ceux , individus et militant-es associatifs et syndicaux qui, jour après jour, se mobilisent pour tenter de pallier aux carences de l’Etat pour héberger, nourrir, accueillir nos frères et soeurs migrants; la tâche est lourde, autant enthousiasmante qu’épuisante. elle a besoin de la solidarité de tous. Sans répit. Sans relâche. C’est peu dire qu’on compte sur chacune et chacun de vous.

Ce 1er mai 2019, notre espoir s’appelle Algérie, s’appelle Soudan, 2 pays où le peuple s’est levé et a pris la rue la rue pour dire son ras l’bol de la dictature et sa détermination à bâtir une démocratie. En Algérie, les travailleuses et travailleurs sont aux premiers rangs de ce peuple qui, chaque vendredi, descend par millions dans les rues pour exiger la convocation d’une Assemblée Constituante mais aussi pour se réapproprier leur syndicat comme outil de lutte et de contre-pouvoir. liberté, démocratie, justice sociale, égalité entre hommes et femmes, leurs mots sont aussi nos mots. Et, comme le proclamait fièrement vendredi dernier dans les rues d’Alger, une banderole portée par une jeune femme  » Ni patrons, ni militaires, ni islamistes, pouvoir au peuple ».

Ce 1er mai, notre colère s’appelle Palestine, s’appelle Kurdistan, deux peuples qui, depuis tant d’années, voient leurs droits démocratiques bafoués, et qui, au prix du sang, ne cessent de lutter pour la liberté. Honte à ceux qui, après s’être appuyés sur l’héroïsme des soldats kurdes, femmes et hommes, pour vaincre les terroristes de Daesh, sont aujourd’hui prêts à abandonner ces combattantes et combattants de la liberté au bon vouloir de leurs bourreaux. Liberté et solidarité avec la Palestine, liberté et solidarité avec le Kurdistan et avec les travailleuses et travailleurs de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie. Pour la démocratie et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à choisir librement leur destin.

Ce 1er mai 2019, notre inquiétude s’appelle Europe. Jamais depuis la défaite du fascisme en 1945, au prix d’un génocide et de millions de morts, jamais l’extrême-droite n’avait été aussi présente dans des gouvernements , en Autriche, en Italie, en Estonie et, dans nombre de pays, elle est aux potes du pouvoir. Ses valeurs n’ont pourtant pas changé: racisme, haine des syndicats, homophobie, remise en cause de l’IVG et du principe me^me de l’égalité entre femmes et hommes. Non, l’extrême n’a pas changé. Elle représente toujours un danger mortel pour la démocratie et les droits des salarié-es. mais elle se nourrit des renoncements et trahisons des partis politiques, de droite et de gauche hélas, qui, au gouvernement, sont tous soumis au libéralisme économique et à la dictature du profit, au point de tout faire pour mettre en concurrence les travailleurs eux-mêmes. Jamais depuis la guerre, notre Europe n’a été aussi riche mais jamais depuis la guerre, les inégalités n’ont été aussi grandes.

Le week-end dernier, en Espagne, le parti d’extrême droite Vox, nostalgique du franquisme, a fait une irruption fracassante aux Cortès avec 24 députés, confirmant les vents mauvais qui soufflent actuellement sur le vieux continent, et confirmant  aussi plus que jamais l’impérieuse nécessité de lutter sans relâche contre la » bête immonde » surgie d’un ventre encore fécond.

Alors, ce 1er mai, c’est l’Europe des travailleuses et des travailleurs, l’Europe de la paix et de la solidarité, l’Europe des droits sociaux et des droits humains, l’Europe de la justice sociale et de la justice climatique que nous proclamons et que nous défendons.

Vive le 1er mai, vive la lutte des travailleuses et des travailleurs du monde entier, vive la solidarité internationale. »