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Maurice Audin, reconnaissance tardive mais nécessaire

Ensemble se félicite de la reconnaissance par le Président de la République de la responsabilité de l’Etat français dans la mort du militant communiste Maurice Audin en 1957. Et ce, quelles que soient les arrières – pensées politiques qui y ont contribué. Nous savions depuis longtemps que Maurice avait été torturé et assassiné par les militaires à qui tous les pouvoirs avaient été donnés.

Cette reconnaissance est le résultat de la longue patience de sa famille, de militant.e.s et d’intellectuel.le.s qui ont mené ce combat pour la vérité, pour la mémoire et pour l’histoire. Il démontre aussi comment les Etats peuvent mentir, comment les responsables militaires français, couverts par les politiques, l’ont fait pendant 60 ans.

Autre réflexion, terrible : ce n’est pas la gauche de gouvernement qui a réalisé cet acte de mémoire. Même cela, qui ne suppose pas un affrontement avec le capital, elle n’a pas su le faire (il est vrai que c’est le PS de l’époque qui avait donné tout pouvoir à l’armée et que Mitterrand considérait que « l’Algérie c’est la France »). Comme elle n’avait pas su reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs pendant la guerre. C’est aussi un bilan de cette gauche du renoncement.

Mais il reste à faire reconnaître par la France l’ensemble des crimes commis en Algérie. Ce sont des milliers de militant.e.s algériens pour l’indépendance qui ont subi le sort de Maurice Audin. Reconnaître la responsabilité de la France dans ces crimes ce serait aussi envoyer un message de solidarité aux immigré.e.s venu.e.s d’Algérie, qui subissent ici le racisme et les discriminations.

Nantes le 14 septembre 2018