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Nantes mai 68, 50 ans après la lutte continue

Editée par Ensemble 44, cette brochure de 24 pages comprend des analyses, entretiens et témoignages sur mai 68 à Nantes de Georges Boutin, Jean brunacci, Jean-Louis Chausset, Marie-Thérèse Chausset, Catherine Conan, Yannick Gui, Claudine Jegourel, Christophe Patillon et Jean-Louis Peyron  plus un article de Florence Prudhomme sur Mai 68 et les femmes.

Cette brochure est disponible au prix unitaire de 2 euros (plus port si nécessaire). les commandes peuvent être adressées directement à ensemble44@orange.fr

Elle est aussi en vente à la Librairie Vent d’Ouest à Nantes et auprès des militant.e.s d’Ensemble! 44

Nous reproduisons ci-dessous l’introduction :

50 ans déjà, nous sommes toujours là !

Le 50ème anniversaire de Mai 68 donne lieu à toutes sortes de commentaires : ceux des adversaires, bien sûr, désireux de l’enterrer en ces temps de libéralisme dominant. Mais aussi à des récupérations sur le thème : c’était sympathique, ça a permis une évolution des mœurs…Mais aujourd’hui c’est dépassé. C’est pourquoi nous avons décidé de commémorer cet anniversaire en rappelant ce que fut Mai et en proclamant en quoi ces semaines de mobilisation continuent d’inspirer nos combats d’aujourd‘hui. Nous donnerons donc la parole, dans cette brochure, à des acteurs et actrices de Mai en Loire Atlantique.

Mai 68, c’est d’abord un mouvement qui a concerné toute la société. Parti de la jeunesse, qui refusait une société répressive dans tous les domaines de la vie, le mouvement s’est étendu à la classe ouvrière, avec 10 millions de travailleurs en grève – sur 51 millions d’habitant-es-, aujourd’hui nous sommes plus de 65 millions -, soit la grève générale la plus massive de l’histoire du capitalisme. Des travailleurs/ses qui, eux aussi, refusaient cette société qui ne leur offrait, dans l’entreprise, aucune démocratie. Et qui revendiquaient de profiter, eux/elles aussi, de l’essor économique pour améliorer leurs conditions de vie. D’ailleurs, c’est à Nantes que débuta la première grande grève ouvrière, à Sud-Aviation. Et à la fin de mai, dans tout le pays, des millions de gens débattaient partout d’une autre société, débarrassée du profit. Il ne faut pas oublier non plus que le mai français est un épisode d’une série de mouvements qui s’attaquaient aux injustices du vieux monde, du Vietnam à la Bolivie et de l’Espagne à la Pologne

Les manifestations et les grèves de Mai n’ont pas changé la société, les vieux partis de la gauche et les directions des syndicats ne le voulaient pas, mais elles ont apporté des satisfactions dans divers domaines. Les augmentations de salaires ont été vite récupérées, les droits des travailleurs dans l’entreprise remis en cause (la loi travail et les ordonnances Macron dégradant encore la situation). La jeunesse scolarisée a obtenu plus de liberté dans les lycées et les facultés. Mais les acquis les plus importants, furent, quelques années après Mai, dans sa foulée, les droits des femmes. Ces luttes ont obtenu le droit à l’avortement et à la contraception notamment. Mais il reste beaucoup à faire et la mobilisation actuelle à propos des agressions sexuelles contre les femmes montre que, malgré les offensives réactionnaires, il y a là un mouvement irréversible vers l’égalité.

Alors oui, toutes ces luttes, présentes en Mai et dans les années qui l’ont suivi, demeurent d’actualité. C’est pourquoi nous ne célébrons pas, comme certains le feront, un moment sympathique, mais d’un autre temps. L’esprit de ces semaines de Mai 68 continue d’inspirer nos combats contre l’offensive libérale de Macron et du gouvernement et ses attaques contre les services publics, contre toutes les répressions, les arbitraires, pour l’accueil des réfugié.e.s, les droits des femmes, l’égalité et la dignité. Parce que nous continuons de penser que, pour bâtir un avenir en commun et solidaire, il faut imposer que nos vies vaillent plus que leurs profits.

Ensemble! 44, avril 2018