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Non à la GPA, par la Marche Mondiale des Femmes

Nous,  femmes de la Marche Mondiale des Femmes, sommes choquées à la lecture de l’article sur la GPA, de Barabara Krief, dans l’Obs n° 2898.

Seul le désarroi des parents «d’intention» est largement énoncé comme une souffrance. Rien n’est dit de la souffrance et de la situation des mères de substitution ; rien n’est dit sur la situation de l’enfant, de la rupture du lien charnel construit pendant la grossesse entre la mère porteuse et lui ; rien n’est dit non plus du détournement de la loi par les parents «d’intention» ; et rien n’est dit du lien entre la GPA et le trafic des êtres humains.

Comment une journaliste d’un journal grand public comme l’Obs peut-elle considérer que l’attitude du Quai d’Orsay découle d’une mauvaise volonté, alors que c’est le simple respect de la loi française qui dicte son attitude.

 Une telle transaction commerciale ne peut plus exister depuis l’abolition de l’esclavage. Dans le contrat de GPA, le corps et la personne de l’enfant sont dans une position d’objet du contrat incompatible avec les principes du droit de la personne humaine. Ce contrat s’apparente à une forme de corruption, car, en effet, il attribue une valeur marchande à l’enfant et à la vie organique de la mère de substitution.

La GPA est une façon de falsifier la filiation maternelle de l’enfant en substituant une mère «intentionnelle» à sa mère de naissance. Actuellement, la tendance est d’établir des déclarations judiciaires de parenté «intentionnelle» au stade le plus précoce de la gestation. Cela permet de reconnaitre juridiquement les parents d’intention pendant la grossesse, et de les désigner comme parents légaux dans l’acte de naissance. Celui-ci n’est pas conforme au certificat d’accouchement, mais il permet aux parents d’intention de contourner la loi française et de faire établir les actes d’état civil.

La médecine collabore avec les marchés du corps humain, au nom de la liberté des contrats, en oubliant toute éthique. Une idéologie ultralibérale tend à réduire la personne humaine à une ressource biologique disponible sur le marché. Le désir d’enfant, aussi intense soit-il, ne peut pas s’imposer au respect de la vie humaine.

La GPA altruiste est très peu pratiquée, sa mise en avant par les médias cache les actes commerciaux généralement pratiqués par des couples riches, qui, à travers des agences commerciales, trouvent des femmes pauvres à exploiter. Cette pratique touche aujourd’hui les femmes les plus vulnérables dans le monde.

Seule l’abolition universelle de cette pratique pourra éliminer cette violence faite aux femmes porteuses et aux enfants.

Nous recommandons à tous et toutes, et à Barbara Krief en particulier, de lire la  Convention de La Haye qui  interdit tout arrangement programmant à l’avance l’abandon d’un enfant par sa mère de naissance et tout paiement de l’enfant par les parents adoptifs.

Juin 2020