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Nouveau squat de migrants à Rezé : l’urgence de la solidarité

Une vingtaine de Tchadiens occupent officiellement depuis le lundi 3 Août un ancien restaurant situé 29 rue Chatelier,à Rezé ( à mi -chemin entre les quartiers de la Blordière et de la Robinière) avec le concours de la Maison du peuple de Nantes,  du collectif  » LaCommune » de Rezé et du collectif de soutien aux migrants

Un accord écrit a été conclu avec le propriétaire leur permettant de rester dans ce lieu disposant d’un étage, jusqu’au lundi 17 Août. Des négociations ont été engagées avec la mairie de Rezé afin d’obtenir un hébergement d’urgence pérenne dans la commune. Une rencontre a eu lieu avec le Maire, Hervé Neau, ce matin, au cours de laquelle celui-ci a indiqué à la délégation qu’il ne disposait d’aucune marge de manoeuvre dans l’immédiat et qu’il en appelait à la Métropole pour trouver une solution.

La délégation a indiqué au maire que la commune de Rezé disposait de bâtiments publics inoccupés qui pouvaient être réquisitionnés pour héberger les migrants et a affirmé sa volonté d’en occuper l’un d’entre eux, la semaine prochaine, avant la date butoir du 17 août si la mairie ne l’ouvrait. Ce à quoi, le maire a répondu  » Faites ce que vous avez à faire » , mettant à disposition des migrants douches et toilettes dans le complexe sportif de la Robinière, situé pas très loin du lieu occupé.

Le collectif a décidé également d’interpeller la métropole qui a décidé de mettre en place un Groupe de travail concernant l’accueil des migrants mais pas avant Septembre!!

Soyons prêts à nous mobiliser en soutien à la réquisition des bâtiments vides si aucune solution n’est trouvée dans l’urgence, tant du côté de la mairie que de la Métropole et manifestons notre solidarité morale et matérielle en rendant visite à nos soeurs et frères migrant.e.s au 29 rue Chatelier.

Jean Brunacci

Migrant.e.s sur l’agglo nantaise : encore beaucoup trop de conditions de vie inhumaines.

Malgré de réels efforts des collectivités locales, notamment du fait de la pandémie, nombre de migrant.e.s vivent encore dans des conditions déplorables et passablement inhumaines que seules la solidarité des associations vient soulager :

  • Mineurs isolés, environ 90 mineurs sont actuellement en recours, une grande partie est mise à l’abri de façon précaire : chez des particuliers, dans des squats, chez des amis…Mais une vingtaine de jeunes sont encore à la rue ou avec des solutions au jour le jour
  • 50 migrants sont hébergés à la Maison du Peuple, 120 au squat proche du marché Talensac et les demandes d’un toit sont quotidiennes.
  • Au coeur de l’été, l’association « l’Autre cantine » assure la distribution de 200 repas par jour, principalement pour des migrants et aussi pour des personnes à la rue.

Si à l’évidence l’Etat, qui a l’obligation de prise en charge des demandeurs d’asile, est toujours loin d’assumer ses responsabilités, les collectivités locales, Département pour les mineurs; métropole et communes, se doivent, en lien avec les associations, de garantir des conditions de vie dignes à toutes les personnes qui vivent sur l’agglomération nantaise.  Le groupe de travail annoncé pour septembre doit non seulement permettre que soit assuré un suivi quotidien mais surtout offrir des places d’hébergement en nombre suffisant pour répondre aux demandes.

C’est la même exigence d’humanité, alors que les expulsions continuent,  concernant la mise à disposition de terrains adaptés pour accueillir les gens du voyage et les  roms.

Enfin, durant ces semaines d’été – et de forte chaleur – , c’est peu dire que les demandes de bénévoles pour aider au travail solidaire des associations sont loin d’être pleinement satisfaites.  Les associations ont besoin de l’aide de chacune et de chacun de vous.

Ensemble! 44, le 8 août.