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Une mesure d’urgence : Personne sous le seuil de pauvreté !

Le déconfinement, pour 12 millions de salarié.es c’est la fin du chômage partiel. Le monde d’après va-t-il se résumer à continuer comme avant (ou pire encore !) ou poser les base d’un contrôle sur le travail et les conditions de travail par les travailleurs. C’est l’enjeu de la lutte à l’usine Renault de Sandouville, où la justice a donné raison à la  CGT, qui a employé les moyens à sa disposition pour évaluer les risques et protéger la santé de tous les salari.és, permanents et intérimaires.

Pour répondre à Laurent Berger il faut unir à ce combat pour les droits fondamentaux les laissé.es pour compte, les intermittent.es de l’emploi qui restent hors des dispositifs sociaux « d’urgence sanitaire » : les bénéficiaires du RSA, les précaires, les faux indépendants (ubérisés,micro-entrepreneurs), les jeunes de 18 à 25 ans, les étudiant.es, les bas salaires, les salarié.es à temps partiel imposé… La reprise du travail concerne les emplois stables : pour les saisonnier.ères pas de reprise dans l’hôtellerie et le tourisme, les précaires seront les dernier.ères à reprendre, les intermittent.es du spectacle attendent du concret sur « l’année blanche »…

Les inégalités et la pauvreté se sont creusées pendant la crise sanitaire, la faim et la misère sont de retour dans de nombreux quartiers, où beaucoup de gens survivent grâce à la solidarité populaire. Alors qu’elles sont très majoritaires dans les métiers en première ligne et chez les « premiers de corvée », les femmes sont les premières victimes de la pauvreté. Il est urgent de mettre en œuvre le rattrapage salarial, d’augmenter les rémunérations. Le Smic devrait être porté à 1500 euros net.

Le gouvernement n’a pas abrogé la dernière réforme de l’assurance chômage, qui réduit fortement les droits des privé.es d’emploi, et l’a seulement suspendue temporairement. Dès le 1er septembre, ce sera le retour des restrictions d’indemnisation, des sanctions, du basculement vers les minima sociaux ou de la suppression de tout revenu. Cette réforme doit être purement et simplement abrogée.

Il faut imposer une exigence immédiate, une mesure d’urgence pour ne pas reproduire le désastre social actuel : pas de revenu sous le seuil de pauvreté.

Ce doit être le premier pas vers une réforme qui garantisse la sécurisation de toutes et tous tout au long de la vie, le droit au travail et au revenu (et à la formation) : la création d’une véritable sécurité sociale universelle, permettant le maintien à 100% des salaires en cas de restructuration économique.

L’urgence peut être financée par l’impôt et le rétablissement de l’impôt sur la fortune ; la sécurité sociale universelle serait financée par l’augmentation des cotisations sociales, la création d’un fonds mutualisé des entreprises pour assurer une péréquation et la taxation des entreprises donneuses d’ordres. Voilà qui serait une rupture avec le chacun pour soi d’aujourd’hui, récréerait de la solidarité et contribuait à réduire la subordination salariale et le pouvoir des actionnaires.

mai 2020