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Le peuple syrien entre vrais ennemis et faux amis

Le président Trump a décidé, de manière unilatérale, sans aval de l’ONU, ni même concertation avec ses alliés de la coalition internationale intervenant en Irak et en Syrie, d’une frappe de missiles sur une base aérienne du régime syrien. Celle-ci est censée sanctionner le bombardement chimique infligé à la population de Kham Cheikhoun.
Cet acte prend le contre-pied par rapport à à positions antérieures isolationnistes et à son appui à une prétendue « solution politique » qui inclurait le maintien au pouvoir de Bachar al-Assad. Il fait ainsi la démonstration de son imprévisibilité et de sa conception inquiétante de l’exercice du pouvoir.  Au risque d’augmenter les dangers de guerre, en particulier en Asie, et d’aggraver encore la déstabilisation d’une région qui subit depuis des décennies la politique de la puissance américaine.

Pour Bachar al-Assad et le régime syrien il s’agit d’un retour de bâton pour la politique qu’il mène depuis des années contre son propre peuple. L’usage de l’arme chimique contre les populations civiles relève de provocations répétées pour tester jusqu’où va l’impunité que lui accordent ses alliés et la « Communauté internationale ». Situation qui jusque-là l’a autorisé à martyriser son peuple et à multiplier crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les gouvernements russe et iranien sont fort mal placés pour dénoncer une ingérence contraire au droit international, eux qui interviennent massivement depuis des années en Syrie, avec des troupes, une aviation, une occupation militaire qui leur permet d’assiéger et de raser des villes. Tout cela pour défendre leurs intérêts et permettre à Bachar al-Assad de rester au pouvoir. Quantau pouvoir russe, il a tout fait et continue à tout faire pour empêcher que des mesures internationales de protection du peuple syrien puissent être mises en œuvre.

Le peuple syrien lutte depuis six ans pour sa liberté et la démocratie. Il est resté tragiquement seul, y compris quand il avait besoin d’une réelle vraie aide matérielle, humanitaire et militaire sous son propre contrôle. Il ne peut compter sur les puissances mondiales et régionales pour lui apporter le moindre soutien. Ni les foucades de Trump, ni les tractations sordides entre les gouvernements impliqués ne lui seront d’aucune aide pour sortir de la tragédie dont il est victime et en finir avec les exactions criminelles qu’il subit de la part du régime, de ses alliés et de Daech.

C’est sur les forces démocratiques internationales que repose la responsabilité de ne pas laisser le peuple syrien entre les mains de ses bourreaux, d’en appeler à l’opinion mondiale pour imposer la fin de tous les bombardements, arrêter es sièges des villes, les expulsions des populations, et pour qu’une assistance humanitaire massive sous contrôle international soit apportée à la population, ainsi qu’un accueil des réfugiés en France et en Europe. Et pour imposer la paix et une solution politique qui implique d’écarter Bachar al-Assad et d’en finir avec Daech.

Liberté pour le peuple syrien !

Nantes, le 14 avril 2017