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PLUM Nantes Métropole : la contribution d’Ensemble!

L’enquête publique sur le Plan Local d’Urbanisme Métropolitain (PLUM) s’est achevée hier soir. Nous vous invitons à lire ci-dessous la contribution transmise par notre mouvement sur le projet de construction du nouveau CHU.

« Dans le PLUM, le projet d’intérêt général du CHU est un élément central d’aménagement sur l’Ile de Nantes.

Projet discuté depuis une dizaine d’années dans les milieux directement concernés, politiques, administratifs et des personnels ; il n’est venu sur la place publique que sous forme de communications unilatérales assez brèves du CHU, directement transmises à des instances de représentation politique, conseils d’élus (Ville de Nantes et Métropole) doublées de quelques séances de  présentation du projet au public.

L’enjeu d’un tel équipement qui tutoie le milliard d’Euros et qui va imprimer l’urbanisme nantais pour les 50 ans à venir, et même tout le siècle, rend nécessaire des débats démocratiques de la part des collectivités, débats qui dépassent la simple communication de dossiers, fussent-ils lourds et complexes.

Un site fermé ?

Avec la volonté politique affirmée d’un regroupement sur un seul site de toutes les activités du CHU la dizaine d’hectares est prévue pour l’implantation au sud de l’Ile de Nantes, superficie pas sensiblement différente de celle du présent Hôtel Dieu. Deux activités resteront à Saint Herblain, notamment l’ICO sur le site de Laennec, plusieurs subsisteront sur le site de l’Hôtel Dieu : les facultés de médecine, de pharmacie et dentaire et le site de Saint Jacques accueillera toujours la logistique et la psychiatrie. Les extensions sur l’Ile de Nantes ne sont pas possibles, Or le projet est sensé accueillir toutes les activités du présent CHU, ce qui est contradictoire.

Enclavé entre le Bd Gustave Roch et le Quartier Ouest, le CHU ne pourrait pas se développer, si nécessaire, comme il l’a fait, depuis plusieurs dizaines d’années, sur le site actuel où l’extension a été rendu possible le long de la Loire et de la Chaussée de la Madeleine.

Ainsi, serait-il indispensable d’assurer des réserves foncières à l’Ouest, au nord du quai Wilson.

Quelle résilience ?

Depuis le milieu du 20ème siècle les politiques de santé ont évolué avec un financement par des enveloppes globales jusqu’à des dispositifs de facturation par la T2A (Tarification à l’activité) qui, elle-même semble de plus en plus critiquée, conduisant l’hôpital à fonctionner comme une entreprise avec sa logique financière. Quelles seront les options politiques à venir ? Ces options impactent l’organisation même des soins : peut-on se contenter de constater les périodes où le CHU est en tension, situations où les lits disponibles sont insuffisant, où les équipes soignantes sont sous dimensionnées, où il y a attente en chirurgie lourde avec reports d’interventions ?

Le développement de l’ambulatoire ne compensera pas ces effets causés en grande partie par la réduction des dépenses de santé qui se traduisent par des postes non pourvus des souffrances au travail, une réduction de plusieurs centaines de lits, au nom de la rationalisation financière.

L’organisation spatiale de l’Hôpital évolue au rythme des trajectoires louvoyantes de la politique publique. Les GHT (Groupements hospitaliers de territoire) se développent et justifient des réduction de configuration du CHU ; qu’en sera-t-il demain et quelle traduction en terme de constructions et d’évolution possible

Quels phasages ?

Le CHU actuel s’est construit progressivement. En 50 ans, les moyens de communication et les infrastructures de transport ont modifié profondément les accès aux services publics et notamment au CHU. Situé au centre de l’agglomération, il a pu bénéficier du maillage dense avec les lignes de bus et le tramway. Ce maillage, option politique forte, s’est constitué en une vingtaine d’années avec des modifications permanentes.

Dans le projet urbain, le nouveau CHU sur l’Ile de Nantes doit être desservi au moins par deux lignes de tramway. Les conditions d’accessibilité sont essentielles pour cet équipement qui affiche une forte option de soins en hospitalisation ambulatoire. Aussi le phasage de la mise à disposition publique des structures lourdes de transport  urbain devrait dores et déjà comprendre leur mise en service et pas seulement leur mise à l’étude, ce dès l’ouverture des équipements du CHU, c’est-à-dire dès 2026, date prévue pour la livraison initiale.

Gestion des risques à risque ?

Le site prévu pour le CHU est situé sur une zone inondable. Certes, des dispositions ont été prévues pour assurer que, lors de crues centennales, les équipements soient protégés et les accès assurés. Les crues millennales, quant à elles, impacteraient les structures de façon plus importante, problème commun à plusieurs établissements hospitaliers privés sur Rézé.

Mais les récentes inondations dans l’Aude et notamment au récent hôpital de Carcassonne  mettent en lumière les limites des dispositifs prévus contre les risques d’inondation ; ces risques, bien présents également sur l’Ile de Nantes mériteraient des expertises plus approfondies : y a-t-il lieu de revoir à la hausse ces impacts sur les bâtiments et les accès ?

C’est pourquoi un audit indépendant mériterait d’être demandé.

Dans le cadre de l’enquête publique sur le PLUM, il est nécessaire d’entreprendre des débats publics plus importants que ceux menés dans le cadre des simples dépôts de contributions sur les registres d’enquête pour l’implantation du CHU sur l’Ile de Nantes.

Nous demandons donc que soit ouvert un débat public dans le cadre du CNDP (commission nationale du débat public).

Ces débats permettront d’aborder, de façon plus démocratique, l’insertion du CHU dans une trame urbaine plus ouverte, la résilience du projet soumis aux aléas des politiques de santé, la coordination des équipements connexes comme les réseaux de transport public et la mise à jour de la gestion des risques d’inondation ».

 

 

Nantes, le 19/10/2018