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Rentrée sociale : une rupture profonde s’impose !

Rendant compte de la visite de Castex à l’université du MEDEF, le quotidien le Monde de ce vendredi titre « Jean Castex donne de gages aux patrons ». On ne serait mieux dire. Réplique de Clémentine Autain : « Pour sa rentrée, Jean Castex a choisi sa classe. 

Pour qui voulait un aperçu des priorités gouvernementales, il ne fallait pas tant écouter la conférence de presse de Jean Castex que son intervention hier à l’université d’été du Medef.

Les grands patrons ont en effet eu l’immense privilège de savoir les premiers à quelle sauce nous allons être mangés (on appréciera le procédé). Baisse des impôts, prolongation et même amplification des mesures prises sur le droit du travail pendant la crise sanitaire (c’est une catastrophe – notamment en matière de précarisation des contrats courts), éventuelles dérogations sur le port du masque en entreprise… On cherchera en vain dans ses propos toute mention à l’écologie ou à la justice sociale, preuve que le néolibéralisme reste le cadre indéfectible de pensée du gouvernement.

Le contre-coup macroniste s’annonce très féroce. Faire force commune contre leur monde prédateur est décidément d’une urgente nécessité… »

Dans ce contexte l’appel intersyndical et interprofessionnel CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL UNEF et UNL à une journée nationale d’actions et de manifestations est particulièrement important pour rassembler et mobiliser salarié.e.s et jeunes. Nous publions ci-dessous le communiqué commun de l’intersyndicale nationale :

« Une rupture profonde s’impose !

La rentrée sociale revêt un caractère tout à fait inédit à plus d’un titre. Aux conséquences humaines de la crise sanitaire, s’ajoutent des mesures régressives portées par le Gouvernement. Celles et ceux qui travaillent et produisent les richesses, dont les salariés qui ont été particulièrement exposés et mis à contribution pendant le confinement, sont les premiers à payer les velléités d’employeurs qui annoncent licenciements et délocalisations. Pendant ce temps, ils maintiennent le versement de dividendes pour les actionnaires et exigent de nouvelles exonérations de cotisations sociales et des baisses d’impôts.

Préparée sans réelle prise en compte de la situation sanitaire et sans moyens supplémentaires, la rentrée scolaire et universitaire inquiète les jeunes, les familles et les professionnels, cela dans le cadre d’un protocole sanitaire ministériel illisible et sans cesse remis en cause. Nous exigeons la mise à disposition gratuite de masques en quantité suffisante à l’ensemble des collégiens, lycéens et étudiants. Il en va de même pour l’ensemble de la population. Pour le monde du travail, il revient aux employeurs de prendre en charge les mesures de protections individuelles et collectives, dont la distribution gratuite de masques en quantité suffisante. La réduction du temps d’exposition également nécessaire induit de discuter de l’organisation, des conditions de travail et réduction du temps de travail.

Les organisations syndicales et de jeunesse affirment ensemble que la priorité doit être donnée à la préservation et à la création en nombre d’emplois stables et qualifiés, à la sortie de la précarité en particulier des jeunes travailleurs, des étudiants, avec leur mise en protection sociale. Cela passe notamment par la réduction du temps de travail sans perte de salaire, le développement des services publics et des industries nécessaires à la réponse aux besoins en biens et services, en prenant en compte l’urgence écologique.

Il est urgent d’augmenter les salaires, les traitements, les pensions et les minimas sociaux.

Il est également temps d’en finir avec les aides publiques de toute nature dont bénéficient de grandes multinationales sans contrepartie et contrôle d’utilisation.

La période a également confirmé les exigences communes qu’ont portées nos organisations lors de la lutte contre la réforme du système des retraites.  Nos organisations condamnent  toute nouvelle régression en matière de retraite et de protection sociale programmées notamment par le Gouvernement au détour du projet de loi de finances de la sécurité sociale (création de la cinquième branche, augmentation de la CSG, etc. …).

L’urgence sociale impose aujourd’hui tout au contraire, de préserver notre système intergénérationnel et d’envisager une protection sociale incluant la dimension professionnelle tout au long de la vie, des années d’études à la retraite.

La situation impose donc des mesures de transformation profonde en totale rupture avec les politiques économiques et sociales actuelles. Un énième « plan de relance » qui ne remettrait pas en cause ces politiques, ne pourrait conduire qu’à une aggravation de la crise sociale, économique et écologique.

La question de l’emploi est centrale : lutte contre la précarité et la pauvreté, hausse des salaires, développement des services publics, abandon définitif de la réforme des retraites. Les organisations La CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL appellent à faire de la journée du 17 septembre une première journée d’action, selon des modalités à définir dans les secteurs professionnels et les territoires (grèves, manifestations, rassemblements, etc. …) pour imposer le changement nécessaire.

Paris, le 27 août 2020″.