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Retraites, assurance-chômage : le cynisme atteint des sommets

Les roulements de tambour qu’accompagne le projet « retraite » de JP Delevoye-Macron proclament une réforme qui serait « plus juste, plus équitable », qui donnerait « plus de choix, plus de liberté », et qui serait « universelle » puisqu’elle remplacerait les 42 régimes de retraite actuels.  A commencer bien sûr par les régimes dits « spéciaux » : cheminots, électriciens, RATP, fonctionnaires, soignant-es, qui sont dans le viseur après les reculs infligés depuis 1967-1993 aux salarié-es du secteur privé.

Il faut d’abord noter que M. Delevoye a menti, ou qu’il s’est désavoué. Au départ, son projet envisageait certes des bonus après l’âge légal de 62 ans, en allongeant « librement » sa propre durée du travail. Mais il ne parlait pas de décote dès 62 ans. Or son projet, qui sur ce point fait l’unanimité syndicale contre lui, recule l’âge réel de départ en retraite à 64 ans. Qui sera trompé par « la promesse tenue » par le président sur le maintien de l’âge légal à 62 ans ?

Mais le fond du projet, annoncé depuis le début, c’est que la richesse attribuée aux régimes de retraite ne bougera plus : environ 14% du PIB, avec des cotisations fixes (28%). Comme le nombre de retraités va augmenter dans l’avenir, cela signifie de fait une baisse du montant moyen des retraites. Le passage à un régime par points a simplement pour objectif de rendre cette opération moins visible en calculant le montant de la pension sur l’ensemble de la vie active et non comme aujourd’hui sur les 25 meilleures années pour le secteur privé et les 6 derniers mois pour les fonctionnaires. Ce système va donc encore plus défavoriser les précaires comme par exemple les temps partiels et en particulier les femmes qui en forment la grande majorité.

Avec un tel système « chaque euro cotisé aboutit aux mêmes droits » signifie simplement qu’il suffira de répartir autrement l’enveloppe attribuée aux retraites futures qui dépendront de points accumulés convertis en pensions selon une valeur du point qui variera pour équilibrer le régime. Aucune garantie n’est donc donnée sur le montant futur de la pension contrairement à un régime par annuités.

Mais le comble du cynisme est atteint avec l’assurance-chômage. On parle de justice pour les précaires et les chômeurs pour la retraite. Mais au même moment, 1, 2 millions de chômeurs-euses et de précaires peuvent perdre leurs droits à indemnités à cause des économies de 3,9 milliards sur leur dos, imposées par l’oukaze macronien qui vient de tomber.

L’alternative à imposer sera celle d’un taux de remplacement à 75% du salaire pour tous et toutes (à minima le SMIC). Ce qui implique d’obliger E. Macron à l’augmentation les cotisations avec celle de l’espérance de vie. La bataille est commencée.

Le 20 juillet 2019.