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Solidarité avec les mineurs isolés étrangers et avec les migrants

Plus de 1000 personnes ont manifesté leur soutien aux mineur-e-s isolé-e-s étrangers hier après-midi 9 décembre dans les rues de Nantes. Tous les syndicats – à l’exception de FO – soutenaient cette marche de solidarité ainsi que de nombreuses associations et mouvements politiques (dont Ensemble! et la France Insoumise). Cette mobilisation est un succès important pour contraindre les autorités à donner enfin une réponse aux mineurs toujours sans solution de logement et à tous les réfugié-e-s et, dans cette attente, faire obstacle à l’expulsion des locaux occupés sur le campus universitaire.

Nous publions ci-dessous le tract d’Ensemble!144 distribué hier matin sur les marchés nantais :

« A la veille de l’hiver, et alors que le froid est déjà là, des milliers de personnes sont à la rue. Chaque soir, elles et ils sont des dizaines à Nantes à rechercher un coin de chaleur d’où on ne les chassera pas (CHU, Gare SNCF, hall d’immeuble, etc…) .

Parmi eux, des dizaines de mineur-e-s isolés étrangers, venus pour la plupart, souvent via la Lybie,  de pays ravagés par la guerre et la misère. Ces enfants en danger sont, comme tout enfant, protégés par la loi qui fait obligation aux départements d’assurer leur prise en charge.

Mais en Loire-Atlantique comme dans la plupart des départements, l’action des associations et des citoyen-ne-s solidaires est indispensable pour que ce droit soit respecté et que ces jeunes aient un toit. Très souvent les autorités contestent la minorité de ces jeunes migrants au motif qu’ils ont l’air d’avoir plus de 18 ans ou qu’ils n’apportent pas suffisamment de preuve de leur minorité. Très souvent aussi, les associations doivent faire appel à la solidarité personnelle ou prendre l’initiative d’ouvrir des squats dans des locaux vides pour ne pas laisser des migrants à la rue, qu’ils soient isolés ou en famille. Au risque de l’expulsion.

C’est ce qui se passe actuellement à Nantes : afin de ne pas laisser plusieurs dizaines de jeunes étrangers-e- à la rue, des militant-e-s solidaires ont tenté de les loger dans les locaux vides de l’ex-école des Beaux Arts. Le lendemain, à la demande de la maire de Nantes, ils en étaient évacués par la police.

Les mêmes militant-e-s solidaires, soutenus par de nombreuses associations, syndicats et mouvements politiques, comme La France Insoumise et Ensemble !,  se sont alors tournés vers l’Université en squattant quelques salles peu utilisées de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, avant de se rabattre sur un bâtiment totalement vide, le château du Tertre, mais mieux adapté et chauffé. Là encore, la Justice exige l’évacuation. Pour aller où ? Ni la Justice ni les autorités ne le disent, mais le Ministre de l’Intérieur, M. Collomb, plutôt que de combler l’insuffisance des moyens disponibles pour venir en aide aux réfugié-e-s, convoque les Préfets pour exiger d’eux plus de reconduite à la frontière. (Le Monde, 4 décembre)

Les mineur-e-s isolés étrangers comme les enfants de migrants réfugiés ont droit à une vie digne et en premier lieu à un toit et à l’accès à la scolarisation. Beaucoup d’entre eux ont traversé des épreuves terribles avant d’arriver en France. Leur jeunesse reste un atout, pour peu qu’on les accueille. Notre solidarité doit leur être acquise ».

Nantes le 10 décembre 2017