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Soutien à la grève des journalistes de Presse Océan et d’Ouest-France

Presse Océan absent des kiosques ce mardi matin, Ouest-France présent mais dans une version édulcorée illustrant l’ampleur de la grève des rédactions locales,  la riposte des journalistes au projet de « réorganisation des rédactions » présenté par la direction d’Ouest-France est forte. Près de 250 journalistes manifestaient hier devant le siège rennais du premier quotidien français par sa diffusion. Ils ont décidé de reconduire la grève et diffusé un communiqué intersyndical résumant cette première journée de grève :

« Projet NOR : la direction se déplace mais sans bouger d’un iota

Tract intersyndical (CFDT-CGT-SNJ) du 18/09/2018 

On aurait aussi titrer : « traitez-nous de ringards on ne vous dira rien ».

Dans son communiqué de ce mardi 18 septembre, la direction décide soudain de faire la réunion de rentrée qu’elle avait pourtant reportée au début de l’année 2019. Objectif : Informer les équipes de chaque département que “le monde des médias n’est plus ce qu’il était il y a 10 ou 20 ans”.Tiens donc ! En voilà un scoop pour les rédactions qui pratiquent le web depuis 2007.

Encore une fois, comme la brève réunion de négociation d’hier l’a montré, la direction imagine que ses salariés ne comprennent pas son projet.

Non. Ils le comprennent bien. Trop bien. Mais ils n’en veulent pas, tout simplement parce qu’il risque davantage d’envoyer le journal dans le mur que sur la piste aux étoiles.

La direction, hier, n’a toujours pas démontré la pertinence économique de son projet, et encore moins comment celui-ci permettrait de “sécuriser l’avenir”.

Hier, parce que la direction a opposé une surdité totale au mouvement de grève exceptionnel qui a bouleversé les rédactions toutes catégories confondues (245 salariés hier en grève au dernier décompte), les grévistes ont décidé dans leur grande majorité de renouveler la grève ce mardi.

Plus que jamais, avec ce communiqué du matin, la direction nous montre qu’il faut encore dire non, encore aujourd’hui, encore plus fort.

L’intersyndicale »

En Loire-Atlantique, avec la fermeture annoncée de la rédaction de Saint-Nazaire, c’est l’existence même de Presse-Océan qui est menacée à court terme. Outre les conséquences pour l’emploi – même si la direction ne cesse de répéter qu’elle ne prévoit pas de licenciements, elle ne cache pas sa volonté de baisser la masse salariale au fur et à mesure des départs – la disparition de Presse Océan serait un coup rude pour le pluralisme de l’information.

Comme la fermeture de rédactions locales priverait les lectrices et lecteurs d’une information de proximité et de qualité grâce à la connaissance par des journalistes professionnels du tissu local et au suivi de l’actualité au plus près de ses habitants (et pas seulement de ses « décideurs »économiques et politiques).

Dans notre région, Ouest-France est bien plus qu’un journal. Il est un élément important du tissu démocratique et, à ce titre, souvent soumis aux pressions de pouvoirs en place. Ce fut le cas avec Notre-Dame-des-Landes où les promoteurs du projet ne supportaient pas une information plurielle comme c’est positivement le cas avec le traitement accordé à l’actuelle crise des migrants à Nantes.

C’est pour cela que le conflit actuel qui oppose les journalistes des différentes rédactions de Presse Océan et Ouest-France avec leurs syndicats SNJ, CFDT et CGT à Ouest-France, SUD Média à Presse Océan,  à la direction d’Ouest-France concerne toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la liberté, au pluralisme et la qualité de l’information sans lesquels il ne peut y avoir de contre-pouvoir donc de réelle démocratie.

Solidarité avec les journalistes de Presse Océan et Ouest-France en grève !

Retrait du projet NOR (nouvelle Organisation des Rédactions)

Il est également paradoxal que les lectrices et lecteurs d’Ouest-France et de Presse-Océan soient les plus mal informés du conflit qui traverse les deux quotidiens et qu’il faille avoir recours aux autres médias pour glaner quelques informations. Exigeons des directions d’Ouest-France et de Presse Océan qu’elles accordent une page de leurs quotidiens aux journalistes en grève  pour expliquer leur point de vue.

Nantes le 18 septembre 2018.
Julien Douillard (Ensemble !44)