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Université Nantes : deux enseignants lourdement sanctionnés !

A la demande du Président de l’Université de Nantes deux enseignant.e.s de l’Université de Nantes viennent d’être très lourdement sanctionné.e.s : 6 mois de retard d’avancement pour l’un, un blâme pour l’autre; Ces sanctions sont tout simplement délirantes au regard des faits invoqués, c’est à dire rien si ce n’est l’affirmation de leur soutien aux étudiants en lutte… et une cabale montée de toute pièce par la Présidence de l’Université. En reproduisant ci-dessous la déclaration de la section Snesup-FSU de l’université de Nantes, nous affirmons notre entière solidarité avec ces deux camarades et notre exigence d’annulation de ces sanctions.

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Sanctionnés pour présence aux côtés d’étudiants en lutte contre la loi ORE !

Deux collègues enseignants chercheurs de l’université de Nantes viennent de se voir signifier des sanctions (6 mois de retard d’avancement d’échelon pour l’un, blâme pour l’autre) pour avoir été présents lors d’un charivari d’étudiants, faisant suite à la confiscation de cartes d’étudiant lors d’un examen qui a finalement été reporté.

Les organisations syndicales FSU et SUD éducation avaient demandé aux enseignants disponibles d’exercer une mission d’observateurs et si nécessaire de médiateurs pour éviter toute violence, dans cette période de tensions où la présidence de l’université s’acharnait à maintenir des examens alors que les conditions de sérénité et de sécurité pour les étudiants et les personnels présents n’étaient pas remplies et que les forces de l’ordre étaient appelées systématiquement en renfort.

Nos deux collègues se sont rendus, dans ce cadre, sur les lieux où la tension montait Ils ont donc été présents quand des étudiants ont demandé des comptes aux cadres administratifs sur la confiscation de leurs cartes. Ils ont finalement dû s’interposer entre étudiants et personnels administratifs pour éviter tout débordement devant l’absence de réponse et l’inaction des cadres de la présidence présents.

Des cadres administratifs se sont alors considérés victimes de « démarches vindicatives des étudiants », auxquelles, par leur présence et posture, les deux enseignants-chercheurs se seraient associés. Ils auraient, de ce simple fait, « adopté un comportement contraire à » leurs « obligations statutaires notamment celles d’exercer (leur) liberté d’expression dans le respect des principes de tolérance et d’objectivité ou de respecter les principes de dignité, d’intégrité et de neutralité ».

L’utilisation grandiloquente de principes ne peut masquer la vacuité des accusations.

Alors que le rôle de médiateur et d’interposition est reconnu dans la décision de sanction, c’est bien la présence aux cotés d’étudiants en lutte qui est sanctionnée.

Cette restriction inédite des droits des enseignants-chercheurs à manifester, à répondre à des consignes syndicales d’observation et de médiation en situation de conflit, est d’une extrême gravité.
– Nous dénonçons le tournant autoritariste d’une présidence d’université qui bafoue l’honneur et les droits de collègues universitaires ;
– Nous dénonçons les conséquences délétères des décisions inadaptées de la présidence en situation de crise lors de la lutte contre la loi ORE ;
– Nous dénonçons des simulacres de justice disciplinaire qui ne cite que des témoignages à charge et juge en comité restreint ;
– Nous refusons toute sanction pour des collègues qui ont agi avec responsabilité et courage.

Le Snesup-FSU apporte son plein soutien aux collègues pour faire annuler ces sanctions iniques.

Nantes, le 31 juillet 2018