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Urgence au Brésil : résister à l’attaque contre la démocratie

L’emprisonnement, par décret et sans aucune preuve de l’ex-président Lula, le 5 avril, représente une nouvelle offensive contre les libertés démocratiques.

De tous les jugements prononcés contre les hommes politiques impliqués dans le scandale Lava-Jato, celui de Lula a été le plus expéditif, et correspond à la volonté de la classe dominante de tout faire pour empêcher sa participation aux futures élections, de bloquer tout espace d’expression pour la gauche.

Car Lula conserve une grande popularité, une immense sympathie auprès des travailleuses et des travailleurs, et recueillerait 40% des intentions de vote. Il symbolise ce que la bourgeoisie haït le plus : qu’un ouvrier dirige le pays. C’est dans ce contexte que le juge Sergio Moro avait prononcé la condamnation sans preuves de Lula à douze ans de prison. En même temps, et de façon parfaitement arbitraire, les juges ne poursuivant pas des politiciens à la corruption reconnue, dont parmi tant d’autres l’actuel président Michel Temer. Un tel jugement a surtout comme objectif d’attaquer la gauche et les mouvements sociaux, de détruire tous les acquis conquis par les travailleurs.

Tout au long des années de gouvernement du Parti des travailleurs (PT) avec Lula ou Dilma Rousseff, a été menée une politique d’alliances avec les partis putschistes actuellement au pouvoir, cédant à toutes les exigences de l’agro-business, des multinationales de travaux publics ou d’extraction, des banques… Cette orientation du PT a créé les conditions pour que la droite puisse ensuite diriger le pays sans lui, et sans Lula, ainsi organisé son échec, puis provoqué son immobilisme face à l’offensive de la politique anti-sociale, anti-démocratique menée par la bourgeoisie. Cependant, il s’agit de défendre les libertés démocratiques, de lui permettre de se porter candidat aux élections, en rejetant ces accusations tant qu’elles ne reposent sur aucune preuve.

L’actuelle conjoncture au Brésil est grave. Elle permet à certains politiciens et militaires gradés d’évoquer un retour à la dictature militaire, et qu’arrive en deuxième position dans les sondages pour les prochaines élections, derrière Lula, un candidat à l’idéologie fasciste.

Ensemble s’associe aux travailleurs, travailleuses, aux mouvements sociaux et aux organisations qui partout résistent à cette offensive, qui luttent pour le rétablissement des conquêtes sociales et pour un projet de société alternatif.

Bagnolet, le 7 avril 2018.